Les Canadiens très intéressés par l’investiture de Joe Biden et Kamala Harris

MONTRÉAL — Les Canadiens ont assisté avec un mélange de soulagement et d’optimisme, mercredi, à l’investiture de Joe Biden en tant que 46e président des États-Unis, au milieu d’inquiétudes quant à de potentielles violences et la menace omniprésente de la COVID-19.

À cause de la pandémie, justement, les rassemblements qu’on aurait pu organiser pour regarder les cérémonies à la télévision ont cédé le pas cette fois à des événements virtuels. 

«J’ai regardé (la cérémonie) comme je le fais toujours, mais ça avait cette fois une signification toute particulière», a expliqué Nicole Caron, une ancienne fonctionnaire provinciale à Ottawa. «Ça renvoie aux États-Unis les valeurs qui sont valables pour de nombreuses démocraties, avec un accent particulier sur l’inclusion, et l’idée que chacun peut jouer un rôle pour aller de l’avant, ensemble.»

À la maison avec sa fille à Montréal, Wanda Kagan a assisté, elle, à la prestation de serment de sa meilleure amie du secondaire, la vice-présidente Kamala Harris. Un moment très spécial, dit-elle, malgré la déception de ne pas pouvoir être sur place à Washington pour l’occasion. «Tout le monde peut participer à l’Histoire, mais seule une grande femme peut écrire une page d’Histoire — et c’est ce que Kamala Harris va faire.» 

Kamala Harris a vécu brièvement à Montréal à la fin des années 1970 et Wanda Kagan l’a connue au Westmount High School. Les deux adolescentes sont devenues proches amies: elles avaient toutes les deux été transférées dans une école secondaire plus grande et elles étaient toutes les deux issues de familles métissées. 

La pandémie a limité la taille de la foule qui se rassemble habituellement dans la capitale américaine pour la grande cérémonie d’inauguration du nouveau président, devant le Capitole. La pandémie, et la menace persistante de violence, après l’assaut des partisans de Trump contre le même Capitole, deux semaines plus tôt, dans une vaine tentative d’enrayer la transition du pouvoir, encouragée par le président sortant lui-même.

Des milliers de soldats de la Garde nationale avaient été déployés avant la cérémonie, mercredi à Washington, alimentant encore plus l’anxiété des Américains et des observateurs inquiets.

«Optimisme prudent»

Rael Wienburg, photographe et vidéaste de London, en Ontario, a estimé qu’il assistait à un «grand moment». Le discours de Biden, a-t-il dit, était «classe».

«Enfin le discours d’un président qui a une vision pour aider à rallier une nation divisée. Je me sens très positif et ému, après une année tumultueuse de moments horribles et malheureux.»

Jane et David Schlosberg, eux, faisaient preuve d’un optimisme prudent. «On essaie de ne pas tomber dans le cynisme et on attend avec impatience de meilleurs jours», a déclaré Jane Schlosberg, à Dartmouth, en Nouvelle-Écosse.

À Owen Sound, en Ontario, Sergei Lozowski a écouté la cérémonie à la radio. «Je voulais entendre officiellement que la direction de notre plus proche allié n’était pas confiée à une personnalité dérangée issue de la télé-réalité.»

D’autres Canadiens un peu partout au pays ont regardé la cérémonie avec des colocataires ou sur les lieux de travail, tout en respectant les consignes sanitaires. 

Pour Mary-Ellen Unan, de Toronto, il est plus révélateur que jamais que les citoyens d’Amérique du Nord aient assisté au transfert du pouvoir aux États-Unis. «Dans un monde où nous sommes tous affectés par les politiques du gouvernement américain, trop de gens se sentent encore privés de leurs droits», a-t-elle soutenu. «La prestation de serment à la plus haute fonction du monde est très protocolaire, mais elle marque aussi un changement majeur pour l’avenir.»

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