Les Canadiens veulent éviter à tout prix de vivre en centres de soins de longue durée

MONTRÉAL — Après avoir vu les ravages de la COVID-19 dans les CHSLD et autres centres de soins de longue durée, les Canadiens veulent éviter à tout prix d’y finir leurs jours, révèle un récent sondage.

C’est le cas de 85 % des Canadiens sondés – une proportion qui augmente à 96 % lorsqu’on regarde seulement ceux âgés de 65 ans et plus.

«Il y a un problème de confiance», tranche le Dr Abdo Shabah, qui pratique au CISSS de la Montérégie-Centre, et qui est membre du conseil d’administration de l’Association médicale canadienne (AMC).

Ces données ressortent d’un coup de sonde réalisé par l’AMC et le National Institute on Ageing (NIA) qui voulaient évaluer l’opinion des Canadiens au sujet des effets de la pandémie sur les systèmes de soins de longue durée.

Le sondage a été réalisé en ligne auprès de quelque 2000 Canadiens.

La majorité des personnes sondées (86 pour cent) – et 98 pour cent de celles âgées de 65 ans et plus – s’inquiètent de l’état actuel des soins de longue durée au Canada, y est-il révélé.

Mais pour beaucoup d’entre eux, ce constat avait été fait même avant la pandémie.

Sauf que les décès qui y ont été recensés (la majorité des Québécois morts durant la première vague sont décédés en CHSLD ou autres centres équivalents) n’ont rien fait pour améliorer leur opinion.

En fait, la plupart des personnes sondées (81 pour cent) sont d’avis que les problèmes datent d’avant la pandémie et que la COVID-19 n’a fait que les exacerber.

C’était connu, convient le Dr Shabah, «mais jamais autant et jamais de façon aussi importante» que depuis la pandémie de COVID-19.

Ainsi, la confiance du public a été davantage érodée en raison de la pandémie, poursuit le Dr  Shabah, alors qu’elle a montré que ce secteur des soins de longue durée a été sous-financé, et que le personnel n’y est pas en nombre suffisant.

Le niveau de confiance varie un peu selon les provinces. 

En Alberta (100 %), au Québec (98 %), en Ontario, en Saskatchewan et au Manitoba (toutes trois à 97 %), presque tous les répondants de 65 ans et plus ont affirmé qu’ils feront tout pour éviter d’aller vivre dans un établissement de soins de longue durée. Les habitants des provinces de l’Atlantique sont un petit peu moins inquiets avec un taux de  87 %.

Selon le Dr Shabah, certaines provinces y ont plus investi ces dernières années, ce qui explique en partie les résultats, mais il souligne aussi que l’organisation des soins de longue durée n’est pas la même d’une province à l’autre.

Les deux tiers (62 %) des répondants âgés de 65 ans et plus croient que l’amélioration des normes nationales sur les soins de longue durée est la priorité la plus importante à laquelle les dirigeants canadiens doivent s’attaquer, après la réduction de la propagation de la COVID-19 par l’application de restrictions (64 pour cent), qui est leur priorité absolue.

«Ce qui est clair, c’est qu’en rehaussant les normes de qualité au niveau des soins de longue durée, on va ramener la population à avoir plus confiance.» 

Pour lui, cela passe aussi par un financement adéquat de cette portion du continuum de soins, et aussi en favorisant le «vieillissement chez soi» avec des programmes pour aider les aînés à rester chez eux, ainsi qu’en soutenant leurs proches aidants.

Le sondage conjoint NIA-AMC a été mené en ligne par Ipsos auprès de 2005 personnes âgées de 18 ans et plus, entre le 27 novembre et le 1er décembre 2020. La marge d’erreur est de plus ou moins 2,5 %, dans 19 cas sur 20.

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