Les Canadiens veulent se sentir en sécurité en Chine, dit Stephen McNeil

HALIFAX — Le premier ministre néo-écossais dit avoir expliqué à un haut responsable du Parti communiste que les Canadiens devaient se sentir «en sécurité» et protégés par la règle de droit, au moment où il travaillait à renforcer les liens touristiques entre sa province et la Chine.

Stephen McNeil a déclaré jeudi qu’il était préférable de maintenir le dialogue avec la Chine même si le ministre fédéral de la Sécurité publique Ralph Goodale a dénoncé l’arrestation formelle par les autorités chinoises de deux citoyens canadiens qu’elle détient depuis décembre.

La tension a augmenté entre les deux pays à la suite de l’arrestation de la dirigeante de Huawei Meng Wanzhou par la GRC à Vancouver, en décembre, à la suite d’une demande américaine d’extradition.

Après l’arrestation de Mme Meng, la Chine a emprisonné deux Canadiens — l’ex-diplomate Michael Kovrig et l’entrepreneur Michael Spavor — et les a accusés de violation de la sécurité nationale en Chine. Les deux prisonniers sont toujours détenus dans une prison chinoise.

M. McNeil a indiqué que ses relations avec le gouverneur de la province du Guangdong, une région située au nord de Hong Kong, avaient continué de s’améliorer au cours de son récent voyage. Les échanges commerciaux et culturels se développaient encore après six années de visites.

M. McNeil a toutefois déclaré lors de son voyage — le premier d’un premier ministre canadien depuis l’escalade de tensions — qu’il avait laissé le gouverneur Ma Zingrui et d’autres responsables chinois savoir que les Canadiens avaient besoin de se sentir en sécurité.

«Si je viens ici et que je demande aux Néo-Écossais et aux Canadiens de se rendre dans la province du Guangdong en tant que touristes, il faut que je sois rassuré qu’ils puissent le faire, qu’ils soient libres d’expérimenter ce que la province a à leur offrir et qu’ils puissent rentrer à la maison lorsque leurs vacances seront terminées», a indiqué M. McNeil aux journalistes à son retour de sa mission de commerce et de tourisme en Chine et en Europe.

Il a ajouté que, lorsque les citoyens explorent la culture chinoise lors de voyages et d’échanges, il est important qu’ils «se sentent en sécurité et qu’ils (le gouvernement chinois) reconnaissent que la règle de droit constituera un fondement important de ce sentiment».

M. McNeil a noté qu’il était préférable de continuer à dialoguer et à essayer de nouer des relations, malgré les tensions à propos des détentions et le refus de la Chine d’importer du canola canadien.

«Ne pas avoir de conversation ne résout rien», a-t-il déclaré.

La province prévoit continuer à élargir ses relations avec la province du sud de la Chine, et M. McNeil a déclaré que le gouverneur de Guangdong devrait envoyer une délégation en Nouvelle-Écosse dans un proche avenir.

«Je me suis engagé à retourner dans la province du Guangdong plus tard dans l’année», a déclaré le premier ministre libéral.

M. McNeil a affirmé qu’il n’avait pas ressenti de tension ni de malaise au cours de cette visite, et qu’il avait été chaleureusement accueilli et traité.

Conscient de la suspension soudaine des exportations canadiennes telles que le canola par les autorités chinoises, M. McNeil a déclaré lors de ses entretiens qu’il avait rassuré Ma Zingrui sur les protocoles d’assurance qualité en vigueur pour les produits de la mer de sa province.

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