Les Canadiens vivant au Texas sont mieux préparés aux tempêtes hivernales

Forts de leurs compétences en matière de survie hivernale et de conduite, les Canadiens vivant au Texas font face à la tempête mieux que la plupart des habitants de l’État.

Même s’ils sont habitués aux précipitations de neige et aux froides températures, plusieurs Canadiens ont dit n’avoir jamais connu d’aussi mauvaises conditions que celles ils connaissent actuellement au Texas.

«Pendant toutes les années que j’ai vécues au Canada, je n’ai jamais subi une panne de courant de plus de deux heures. Je n’ai jamais eu à ramasser de la neige pour la jeter dans la toilette», raconte Janessa Frykas, une ingénieure de logiciel qui travaille à Austin.

Et aucune des maisons de son quartier n’est bien isolée, ajoute celle qui est originaire de Dauphin, au Manitoba.

Et peu de gens savent conduire sur la neige ou sur la glace.

«Si quelque chose de ce genre s’était produit au Manitoba, le logement aurait été plus isolé. Et la situation politique entourant la crise aurait été moins ridicule», dit Mme Frykas.

Jessica Goldman, une critique de théâtre née à Toronto, dit qu’elle est bien heureuse de ne pas s’être débarrassée de certains de ses vêtements canadiens. Ils lui ont été bien utiles lorsque sa maison de Houston a été privée de courant.

Et lorsqu’on lui a demandé si elle souhaitait être dans sa ville natale, Mme Goldman a répondu qu’elle voulait simplement être dans un endroit où il y a de l’eau courante.

«Nous Canadiens, nous sommes habitués au froid. Ce n’est pas le plus gros problème. Le problème avec Houston est que la ville n’y est pas habituée», a-t-elle expliqué, ajoutant que les tuyaux dans la région ne sont pas sous terre et éclatent par temps froid.

Les conduites d’eau brisées par des températures record ont créé une pénurie d’eau potable.

Les autorités du Texas ont ordonné à sept millions de personnes – le quart de la population du deuxième État américain le plus peuplé – à faire bouillir l’eau du robinet avant de la boire, car une faible pression d’eau aurait pu permettre à des bactéries de s’infiltrer dans le système.

«Nous avons pas les outils»

«Ça a été très difficile parce que nous n’avons tout simplement pas les outils», a expliqué Jackie Dunn, qui a vécu en Ontario pendant 40 ans avant de déménager à Austin en 2003.

«Si ça s’était produit [au Canada], tout irait bien. Mais comme nous sommes ici, nous n’avons même pas de grattoirs à glace dans nos voitures», a mentionné la dame de 60 ans.

Contrairement à plusieurs Texans, Mme Dunn sait conduire dans la neige, alors elle a pu se rendre dans le café et le théâtre qu’elle gère.

«Mais les gens ici n’ont pas de pneus pour la neige. Ils ne comprennent pas que d’appuyer sur les freins lorsqu’on est sur une plaque de glace n’est pas une bonne idée et ils roulent toujours trop près», a-t-elle indiqué.

Elle dit qu’elle connaît quelques personnes dans la région qui viennent du Canada, du Minnesota et de l’État de New York.

«Nous riions tous, au début, nous riions en quelque sorte de la peur de tout le monde, a-t-elle relaté. Et puis ça a vraiment mal tourné.»

Bien que sa maison à Austin ait de l’électricité, sa famille n’a pas eu d’eau depuis des jours et a dû aller dans un hôtel pour y avoir accès.

Ses amis et sa famille du Canada lui ont conseillé à la blague de rentrer à Toronto, a-t-elle raconté.

«(Ils ont dit) au moins si vous veniez ici, vous bénéficieriez du même temps et de soins de santé gratuits», a-t-elle affirmé.

Ce reportage a été préparé dans le cadre du programme de Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

Laisser un commentaire