Les candidats comme chef de l’Assemblée des Premières Nations se font valoir

VANCOUVER — Les candidats au titre de chef national de l’Assemblée des Premières Nations appellent à des alliances plus fortes entre les nations à travers le Canada pour s’attaquer à des enjeux persistants comme les revendications de territoires.

Perry Bellegarde, le chef sortant à la tête du groupe le plus influent pour les Premières Nations au pays, a affirmé que des actions juridiques, politiques et militantes devaient être réalisées par les Premières Nations pour affirmer leur souveraineté.

«Vous allez avoir toute une tâche à accomplir désormais avec le premier ministre de l’Ontario, alors vous devez envisager un combat juridique, sans aucun doute», a dit M. Bellegarde, mardi, concernant la récente élection de Doug Ford en réponse à une question d’un délégué à l’assemblée générale annuelle de l’Assemblée des Premières Nations.

Aussi, selon M. Bellegarde, exercer de la pression sur le gouvernement fédéral par l’entremise des Nations unies serait une manière d’«embarrasser le Canada comme État-nation».

Les chefs de 634 communautés de Premières Nations doivent élire un chef national, mercredi. M. Bellegarde est candidat à sa propre succession.

Les autres candidats sont Russ Diabo du Québec, Sheila North et Katherine Whitecloud du Manitoba et Miles Richardson de la Colombie-Britannique.

M. Bellegarde, qui a été accusé par d’autres candidats d’une trop grande proximité avec le gouvernement fédéral durant son mandat depuis décembre 2014, avait dit précédemment aux délégués que les Premières Nations devaient trouver des manières d’améliorer leurs relations avec la Couronne afin de contribuer à de meilleures conditions sociales pour leurs populations, notamment en santé et en éducation.

M. Richardson, de la Colombie-Britannique, a aussi soutenu aux délégués que la construction d’alliances était la seule manière pour les Premières Nations de créer du changement et d’affirmer leur souveraineté, prenant pour exemple la nation Haïda, qui a occupé l’archipel de Haida Gwaii, à 100 kilomètres à l’ouest de la côte nord de la Colombie-Britannique.

M. Diabo, conseiller politique à Kahnawake, a affirmé mardi que la réforme des politiques de revendications de territoires nécessitait des actions juridiques afin que les Premières Nations puissent exercer leurs droits.

Il a soutenu que la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui n’a pas encore été ratifiée, accorde aux Premières Nations le droit à leurs terres ancestrales et à leurs ressources traditionnelles.

«S’ils veulent nous défier, nous devrions avoir l’appui politique pour soutenir nos gens dans l’exercice de leurs droits sur notre terre», a affirmé M. Diabo.

Le candidat du Québec a souligné que l’engagement du gouvernement fédéral de 17 milliards $ pour les priorités autochtones dans les trois plus récents budgets devait être tenu «au dollar près» en ce qui a trait aux besoins des Premières Nations, et à un développement économique durable.

«Si je suis élu, Ottawa ne l’aura pas facile», a-t-il déclaré.

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