Les candidats indépendants dans l’histoire du Canada

OTTAWA — Depuis la création du Canada, au moins 93 députés ont siégé à la Chambre des communes en tant qu’indépendants. La grande majorité d’entre eux ont été élus à l’origine comme membres d’un parti et ont quitté ou ont été chassés pour des raisons diverses, allant d’allégations criminelles à des désaccords sur des politiques.

Seuls quelques politiciens ont réussi à devenir députés après s’être présentés comme indépendants, et encore moins ont pu détenir la balance du pouvoir en situation de gouvernement minoritaire.

Voici quelques-uns des indépendants les plus récents et les plus mémorables:

— John Nunziata: Il a été élu député libéral de la circonscription de York-Sud—Weston à Toronto en 1984, 1988 et 1993. En 1996, il a été exclu du caucus libéral pour avoir voté contre le budget du gouvernement. En 1997, il s’était représenté et avait gagné en tant qu’indépendant. En 2000, il avait tenté de se faire réélire, mais avait été battu par le libéral Alan Tonks.

— André Arthur: Cet animateur de radio très connu dans la région de Québec a été élu en tant qu’indépendant en 2006 dans la circonscription de Portneuf—Jacques-Cartier. Il s’agit de l’un des rares députés indépendants n’ayant aucune affiliation avec un parti politique. M. Arthur ne s’est jamais joint au Parti conservateur du Canada, mais puisqu’il appuyait souvent le gouvernement minoritaire conservateur, les conservateurs avaient décidé de ne présenter aucun candidat contre lui en 2008 et 2011. Il a été réélu en 2008, mais il avait été battu par la néo-démocrate Élaine Michaud quatre ans plus tard.

— Tony Roman: Il a été élu député indépendant dans une circonscription de Toronto en 1984. Après son seul et unique mandat, il avait décidé d’appuyer le candidat progressiste-conservateur aux élections de 1988. Comme M. Arthur, il est l’un des rares indépendants qui n’avait pas de lien avec un parti politique.

— Chuck Cadman: Ce candidat avait été élu en 1997 sous la bannière du Parti réformiste du Canada dans la circonscription de Surrey, en Colombie-Britannique. Il avait été réélu en 2000 pour l’Alliance canadienne, mais quatre ans plus tard, il avait perdu l’investiture pour le nouveau Parti conservateur du Canada. Il avait réussi à se faire élire comme indépendant en 2004, et avait toujours refusé de se joindre aux conservateurs. Dans le gouvernement libéral minoritaire, M. Cadman détenait un pouvoir important et son vote en faveur du budget avait permis au gouvernement de Paul Martin de survivre.

— Gilles Bernier: M. Bernier, le père du chef du Parti populaire du Canada Maxime Bernier, avait été élu en Beauce pour les progressistes-conservateurs en 1984 et 1988. En 1993, il n’avait pas pu se présenter pour le parti en raison des accusations de fraude qui pesaient contre lui (il avait finalement été acquitté). Il s’était tout de même présenté et avait remporté l’élection.

— Bill Casey: Il a été élu en Nouvelle-Écosse en 1988 et de 1997 à 2006 sous la banière des progressistes-conservateurs, et du Parti conservateur. En 2007, il avait été exclu du caucus pour avoir voté contre le budget du gouvernement. En 2008, M. Casey avait brigué le siège en tant qu’indépendant et avait été élu. Il avait démissionné en 2009. En 2015, il s’était présenté une fois de plus, mais cette fois-ci pour les libéraux, et il a été élu.

— Scott Andrews: Il avait été élu député libéral dans la région de Terre-Neuve en 2008. Il avait été exclu du caucus libéral en 2014 en raison d’allégations d’inconduite sexuelle. Il a tenté de se faire réélire comme indépendant en 2015, mais avait fini deuxième, loin derrière le libéral Ken McDonald.

— Helena Guergis: Cette députée conservatrice a été élue de 2004 à 2011 dans la région de Toronto. Elle a aussi été ministre entre 2008 et 2011. Il avait dû quitter le caucus conservateur en 2010 relativement à des allégations mystérieuses, et l’ancien premier ministre Stephen Harper avait demandé à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’enquêter sur elle. La police n’avait trouvé aucune preuve de comportement criminel. Elle s’est présentée en tant qu’indépendante en 2011 et a été battue par la conservatrice Kellie Leitch.

D’autres célèbres députés indépendants dans l’histoire:

— Louis Riel: Le dirigeant métis s’est présenté trois fois en tant qu’indépendant pour un siège au Parlement dans les années 1870. Il avait remporté son élection, mais il craignait de se faire arrêter en allant au Parlement. Bien qu’il ait signé le registre des députés une fois alors qu’il était déguisé, M. Riel n’a jamais représenté ses concitoyens à la Chambre des communes, qui l’a exclu deux fois plutôt qu’une — il s’était présenté à l’élection partielle à la suite de sa première expulsion et avait gagné.

— Henri Bourassa: Ce nationaliste québécois, qui a fondé «Le Devoir», a été député plusieurs fois entre 1896 et 1935. Il a notamment été député indépendant pendant près de dix ans entre 1926 et 1935. Il s’est aussi siégé comme libéral à certains moments.

— Camilien Houde: Avant son arrivée en politique fédérale, cet ancien maire de Montréal avait été interné pour avoir manifesté son opposition à la conscription lors de la Deuxième Guerre mondiale. Il s’était présenté une première fois pour les conservateurs en 1938, sans succès, et avait également perdu en tant qu’indépendant en 1945. Il avait finalement gagné comme candidat indépendant en 1949 dans la circonscription de Papineau. Il n’a rempli qu’un seul mandat.

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