Les cégeps des régions éloignées se regroupent pour faire entendre leur voix

ROUYN-NORANDA, Qc — ROUYN-NORANDA-Une douzaine de cégeps de régions éloignées comme la Gaspésie, l’Abitibi, la Côte-Nord et le Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont décidé d’unir leurs voix pour se faire entendre du ministère de l’Enseignement supérieur. Le Regroupement des cégeps des régions (RCR) a déjà entrepris ses démarches auprès de la ministre Danielle McCann, pour obtenir et maintenir des programmes dans les régions.

Selon les porte-parole du regroupement, il était devenu nécessaire que les cégeps en régions éloignées se fassent entendre. «Ça n’avait aucun sens, affirme la directrice du Cégep de La Pocatière, Marie-Claude Deschênes. Les devis d’attribution des places et des programmes sont attribués par région, et les cégeps de régions éloignées passaient dans la quatrième vague. Nous voulons donc que les devis faits à Québec se fassent en parallèle plutôt qu’en silos.»

Pour le RCR, les cégeps des régions représentées au RCR vivent des réalités bien différentes de ce qui se passe à Montréal. «En région, les cégeps sont souvent un moteur de développement social, indique le président du conseil d’administration du Cégep de Chicoutimi, Gilles Déry. Pour plusieurs régions, la piscine, le gymnase et la bibliothèque du Cégep deviennent des infrastructures municipales. Notre impact sur le milieu est donc plus grand que celui des cégeps des grands centres.»

«Avoir les moyens de nos ambitions»

Les membres du RCR refusent de dire que pour les cégeps en question, ce regroupement est une question de survie. «C’est plutôt pour avoir les moyens de nos ambitions, indique Gilles Déry. Quand on est seuls dans notre coin, on a peu de chances de se faire entendre. Mais quand 12 cégeps ont des enjeux qui leur sont communs, leur voix est plus forte.»

Le RCR rappelle qu’il n’est pas en concurrence avec les cégeps de la région de Montréal. «Ils ont des enjeux différents, affirme Gilles Déry. Dans leurs prévisions, ils auront besoin de nouveaux locaux, parce qu’ils devront faire face à des hausses démographiques. Nous, c’est le contraire. Notre principal enjeu, c’est de maintenir nos acquis, autant du point de vue des programmes que des infrastructures. D’ailleurs, à l’intérieur de la Fédération des cégeps, on compte le Regroupement des cégeps de Montréal depuis 1986.»

Le RCR veut tout de même lancer un appel aux cégeps des grands centres. «Nous avons actuellement, dans nos 12 cégeps, 16 000 étudiants. Notre capacité d’accueil est de 25 000. Nous voulons non seulement développer notre attractivité, mais aussi éviter que nos étudiants quittent vers les grands centres», indique Marie-Claude Deschênes.

Déjà des gains

L’annonce faire mardi est venue rendre officiel un mouvement qui existait déjà de façon informelle depuis quelque temps. Déjà, le RCR a fait des gains auprès de la ministre McCann. «Un bel exemple est notre DEC en pharmacie, souligne le directeur général du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais. Au départ, on avait accordé le programme à huit cégeps, à Montréal, Québec et dans le Centre-du-Québec. Grâce à nos représentations, il a été étendu à 10 régions, dont la nôtre.»

L’importance des cégeps dans les régions a aussi un impact à l’étranger. «Quand le ministre Simon Jolin-Barrette a mis fin au programme expérience Québec (PÉQ), les premières personnes touchées par le programme n’étaient pas des travailleurs, mais bien des étudiants. Les cégeps de région ont donc dû lui expliquer que le développement des régions passe beaucoup plus par les étudiants que par les travailleurs, qui pour la plupart s’installent à Montréal ou à Québec.»

Le Regroupement attend de pied ferme le budget du ministre des Finances, Éric Girard, qui devrait être déposé à la fin mars. «Si on augmente encore la capacité d’accueil de Montréal, qu’adviendra-t-il de nos régions?» se demandent les directeurs des 12 cégeps du RCR.

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