Les centrales plantent des croix pour les travailleurs décédés au Québec en 2020

Alors que des centrales syndicales manifestaient devant le parlement de Québec, mercredi, en plantant une croix pour chaque travailleur décédé, la CNESST rapporte qu’encore 57 personnes ont perdu la vie lors d’un accident du travail au Québec en 2020.

C’est plus qu’un par semaine. Il s’agit du même nombre de travailleurs décédés qu’en 2019, alors que beaucoup d’entreprises ont dû temporairement cesser leurs activités à cause de la COVID-19 en 2020.

Et, à ces 57 décès, il faut en ajouter 116 autres liés à des maladies professionnelles, pour un total de 173, a souligné la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). 

À l’occasion de la Journée internationale de commémoration des victimes d’accidents et de maladies du travail, ce 28 avril, la FTQ, la CSD et la CSN ont manifesté devant le parlement de Québec, en plantant une croix pour chacune de ces victimes.

Projet de loi insuffisant

Québec est justement en train de réformer son régime de santé et sécurité au travail, vieux de 40 ans, avec le projet de loi 59 — que les syndicats critiquent sévèrement.

«Si on mettait en application les mécanismes de prévention dans tous les secteurs d’activités, on réduirait de beaucoup les accidents de travail et on réduirait de beaucoup le nombre de décès liés au travail chaque année», a plaidé le président de la FTQ, Daniel Boyer, en entrevue..

«La preuve, c’est que dans le secteur des mines, un secteur qui est prioritaire et qui est visé par les quatre mécanismes de prévention, avant il y avait en moyenne 20 décès par année. Or, on compte maintenant, depuis plusieurs années, une moyenne de deux décès par année. Donc, les mécanismes de prévention ont fait leurs preuves. C’est efficace, avec l’implication des travailleurs dans leur milieu de travail», a souligné M. Boyer.

Construction

Justement, depuis 48 heures, deux autres décès sont survenus dans la construction, celui d’un poseur de système intérieur et celui d’un arpenteur, a déploré la FTQ-Construction.

L’industrie de la construction compte 5 % de la main-d’oeuvre mais 25 % des décès, a signalé l’Alliance syndicale, qui regroupe les cinq organisations syndicales de l’industrie.

Lors de la manifestation au parlement, les représentants syndicaux ont respecté une minute de silence à la mémoire des travailleurs victimes.

 «Nous en avons ras le bol d’enterrer nos collègues de travail, nos conjoints, nos conjointes et nos enfants, parce que les employeurs privilégient l’intérêt économique au lieu de la vie humaine. Il est temps que ça change et le projet de loi 59 tel que proposé aujourd’hui ne règle en rien les problèmes », ont lancé M. Boyer, le président de la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Luc Vachon, et la présidente du Conseil Central de Québec-Chaudière-Appalaches de la CSN, Ann Gingras.

Laisser un commentaire