Les césariennes planifiées réduiraient les risques pour certaines femmes et leur bébé

Les césariennes planifiées sont sans danger pour les accouchements à faible risque et peuvent être associées à un risque plus faible de complications pour la mère et le bébé par rapport aux accouchements vaginaux, selon la coautrice d’une étude publiée lundi dans le Journal de l’Association médicale canadienne. 

Pourtant, la docteure Darine El-Chaâr, spécialiste en médecine maternelle et foetale, estime que les femmes devraient consulter leur médecin pour déterminer ce qui est le mieux pour elles. 

La chercheuse souhaite entretemps que plus d’études soient réalisées sur les effets à long terme des césariennes planifiées, y compris en quoi la santé du bébé né de cette manière diffère des autres nés par voie vaginale.

La docteure El-Chaâr précise que sa recherche comparait les résultats des accouchements par césarienne planifiée: l’étude a révélé qu’environ 60 % des mères et de leur bébé s’en tiraient mieux que les autres.

Les chercheuses ont analysé les données du registre des naissances de l’Ontario sur 422 210 grossesses à faible risque entre 2012 et 2018 et ont découvert que 46 533 bébés étaient nés par césarienne. Ils se sont concentrés sur 1827 de ces cas (près de 4 %), impliquant des femmes qui avaient demandé à l’avance cette procédure.

Ils ont ensuite recherché dix problèmes courants pouvant découler du travail et de l’accouchement, y compris la rupture utérine, les déchirures du périnée, ainsi que l’admission du bébé aux soins intensifs en néonatalogie pour des problèmes comme la détresse respiratoire.

«Les résultats sont importants d’un point de vue statistique, mais nous aimerions voir cela dans une population plus large», a déclaré la docteure El-Chaâr, chercheuse associée à l’Hôpital d’Ottawa. Elle souligne que plusieurs facteurs, dont les antécédents médicaux, peuvent pousser une femme à décider d’opter pour une césarienne planifiée.

L’Ontario semble être la seule province à tenir un registre des naissances qui comprend des informations sur les césariennes planifiées: on ne sait donc pas combien de femmes ailleurs au Canada demandent cette procédure.

Les femmes plus âgées 

L’étude a révélé que les femmes qui choisissaient d’accoucher par césarienne étaient plus susceptibles d’être blanches, âgées de 35 ans ou plus et vivant dans un quartier à revenu plus élevé. Elles étaient également plus susceptibles d’avoir conçu par fécondation in vitro et d’accoucher de leur premier bébé.

La docteure El-Chaâr a observé que certaines de ses patientes plus âgées demandaient d’avance une césarienne pour réduire le risque de complications, mais c’est la peur de l’accouchement qui était l’une des raisons les plus courantes. 

«Je vois des femmes qui ont tellement peur de ce qu’est le travail et ont tellement peur de la douleur qu’on ne peut vraiment pas les amener vers l’accouchement vaginal», dit-elle. «Il y a aussi des patientes qui ont subi une agression sexuelle traumatique et qui ne se sentent tout simplement pas à l’aise d’accoucher (…) mais c’est très rare», ajoute-t-elle. 

Les césariennes comportent aussi leurs risques, notamment les infections, les caillots sanguins, la douleur et une longue période de récupération. Mais les césariennes planifiées sont parfois médicalement nécessaires pour les femmes plus âgées qui font face à un plus grand risque de complications lors d’un accouchement vaginal, si elles ont certaines conditions telles que l’hypertension artérielle, le diabète et l’arthrite, rappelle la docteure El-Chaâr.

Par ailleurs, une fréquence cardiaque fœtale anormale est la raison la plus courante d’une césarienne, a-t-elle ajouté.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirme que le taux idéal de césariennes se situerait entre 10 % et 15 %. Les données de l’Institut canadien d’information sur la santé montrent que près de 30 % des accouchements au Canada ont été effectués par césarienne entre 2019 et 2020. La Colombie-Britannique affichait le taux le plus élevé, à près de 38 %, et les Territoires du Nord-Ouest le plus bas, à 19 %. 

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