Les chauffeurs de la STS ne veulent pas jouer la police des masques

SHERBOOKE, Qc — Les chauffeurs de la Société de transport de Sherbrooke (STS) n’entendent pas jouer la police des masques à bord des autobus.

Alain Savignac, conseiller syndical du SCFP qui représente les quelque 150 chauffeurs de la STS, dit souhaiter que les chauffeurs n’aient pas à gérer les clients sur l’obligation du port du masque à compter du 27 juillet prochain. Il dit prendre très au sérieux la période de grâce décidée par le gouvernement du Québec.

«Nous espérons que la période de grâce sera bénéfique pour tous, que cela devienne un réflexe, la normalité, mais nous ne voulons pas être responsables de faire cela», explique M. Savignac.

Des situations à éviter

Le 30 juin dernier, Québec a finalement décidé d’imposer le port du masque dans les transports en commun à compter du 13 juillet. Il y aura toutefois une période de grâce de deux semaines, mais à partir du 27 juillet, une personne sans masque se verra refuser l’accès à un autobus, au métro ou à un taxi.

«Déjà que les temps de parcours sont limites. Si on nous ajoute la gestion du port du masque, en plus, nous craignons que cela crée des situations que nous ne voulons pas», ajoute le conseiller syndical.

Une conférence téléphonique doit avoir lieu cet après-midi pour voir avec la direction de la STS pour mieux connaître leur alignement sur l’obligation du port du masque à bord des autobus. M. Savignac n’a toutefois pas détaillé ses attentes.

«Nous faisons partie du Conseil provincial du secteur transport terrestre. Nous parlons donc avec les autres coordonnateurs pour savoir ce qui se passe ailleurs au Québec. Nous allons suivre la parade», s’est-il contenté de répondre.

Un gouffre financier

Du côté de l’employeur, la président de la STS, Marc Denault, confirme la tenue de la rencontre. Il a aussi confirmé que la société de transport n’a pas l’intention de demander à ses chauffeurs de jouer la police des masques.

«Si on nous ajoute des responsabilités, nous n’améliorons pas notre sort et nous craignons un impact financier de bien servir les Sherbrookois avec un service essentiel comme le transport en commun», déclare Marc Denault.

Jouer le rôle de la police, si tel est la volonté du gouvernement, pourrait se traduire pour la STS par l’ajout, entre autres, de ressources additionnelles sur le terrain, tel qu’une escouade d’agents de sécurité, qui s’assurent que les gens portent adéquatement le masque. La société de transport dit être dans l’attente de la publication du décret.

Avec un déficit anticipé de 4,6 millions $, le président de la STS soutient avoir établi un pont de communication avec le bureau de la députée caquiste de Saint-François, Geneviève Hébert, dès le lendemain de l’annonce du 18 juin dernier, selon laquelle Québec a débloqué 400 M$ destinés aux sociétés de transport pour éponger leurs pertes en raison de la COVID-19.

«Nous n’avons eu aucun vent, à ce moment-ci, de la répartition de cette somme. De demander à nos chauffeurs de s’assurer que les gens portent un masque de façon adéquate, c’est une grosse responsabilité», avance M. Denault, qui rappelle qu’aucun employé de la STS n’a subi d’impacts en lien avec la pandémie.

Le président de la STS dit aussi craindre la période de la rentrée scolaire. Près de 40 000 titulaires des passes mensuelles à Sherbrooke sont des étudiants.

Texte de l’Initiative de journalisme local

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