Les chefs autochones ne s’entendent pas avec le gouvernement provincial

FREDERICTON — Les dirigeants autochtones du Nouveau-Brunswick disent ne plus avoir confiance envers le premier ministre Blaine Higgs et son gouvernement après que les parties n’aient pu parvenir à une entente sur une enquête sur le racisme systémique et la mort de deux Autochtones tués par des policiers.

Les chefs des nations Wolastoqey et Mi’kmaq ont rencontré jeudi après-midi M. Higgs et des ministres pendant deux heures et demie à Fredericton.

Les dirigeants autochtones disent avoir insisté auprès du gouvernement pour la création d’une enquête visant à examiner comment le système judiciaire de la province n’a pas fait une place aux Premières Nations. Ils sont repartis les mains vites. Les partis n’ont pas convenu d’une autre rencontre.

«Son inaction est inacceptable, a déclaré le chef Ross Perley de la Première Nation de Tobique. Nous avons attendu plus de trois semaines pour cette réunion et nous n’avons toujours aucun engagement ferme pour une enquête.»

Les deux parties se sont aussi rencontrées en juin. Les chefs avaient quitté cette réunion déçus après que M. Higgs eut rejeté leur demande d’enquête. Le premier ministre a plutôt suggéré qu’un groupe de travail examine les recommandations formulées lors des enquêtes précédentes.

Le chef George Ginnish, de la Première Nation d’Eel Ground, soutient que le système judiciaire est gangrené par le racisme systémique. Selon lui, la GRC n’est pas prête à régler les problèmes des Premières Nations.

«Nous avons besoin du maintien de la paix communautaire, soutient-il. Nous avons besoin de personnes qui peuvent interagir avec nos membres sur le terrain et travailler avec nos équipes de santé mentale, travailler avec nos centres de santé et avoir une approche globale de nos problèmes.»

Les chefs se disent unis dans leur demande d’une enquête provinciale indépendante.

M. Higgs croit que les préoccupations des dirigeants autochtones devraient être traitées dans le cadre d’une enquête nationale.

«J’ai dit que c’était plus grand que le Nouveau-Brunswick, a déclaré M. Higgs. Il s’agit d’un problème national. Chaque province fait face à ces problèmes, et pourquoi ne le faisons-nous pas ainsi?»

Le premier ministre avance que les problèmes liés aux services policiers de la GRC nécessitent une perspective nationale. «Je crois simplement que nous devons en faire un enjeu national plus important, car une grande partie est liée au gouvernement fédéral.»

Les chefs souhaitent que les députés de l’opposition demandent un vote à l’Assemblée législative pour ordonner une enquête. Mais le député libéral Chuck Chiasson dit que les élus ne pourront pas en débattre avant la fin du mois de septembre, au plus tôt.

M. Chiasson rappelle que les libéraux avaient déjà présenté une résolution le 25 juin, demandant une enquête sur les préjugés systémiques contre les peuples autochtones du Nouveau-Brunswick.

L’Assemblée législative ne siégera pas avant septembre.

Les appels des chefs font suite aux morts de Chantel Moore et de Rodney Levi, deux Autochtones abattus par la police en juin.

Les dirigeants mi’kmaq appellent également à des réformes immédiates du système judiciaire, notamment une formation et des normes policières améliorées et une participation accrue des Autochtones à la surveillance policière.

Dans une lettre au premier ministre datée du 2 juillet, ils ont demandé un changement d’approche en matière d’application de la loi, y compris la création d’une initiative communautaire qu’ils appellent Mi’kmaq Peacekeepers.

«Il s’agit d’un système d’agents de sécurité non armés de nos communautés, formés aux tactiques de désescalade pour traiter les problèmes de santé mentale, de toxicomanie, de pauvreté et de traumatismes», ont-ils écrit.

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