Les chefs de police s’excusent pour les torts longtemps causés aux communautés LGBTQ

TORONTO — Les chefs de police du Canada présentent des excuses aux communautés LGBTQ pour s’être longtemps opposés à la dépénalisation de l’homosexualité au pays.

L’Association canadienne des chefs de police a profité jeudi de la Journée internationale des droits de la personne pour s’excuser d’avoir «intentionnellement adopté des positions qui ont blessé les individus que nous avons juré de protéger».

Le chef Bryan Larkin, président de l’association, rappelle que la police a continué à criminaliser les membres de communautés de diverses identités sexuelles et de genre même après la décriminalisation de l’homosexualité par le gouvernement fédéral en 1968.

«Les années suivantes ont été marquées par le harcèlement, la discrimination, et la persécution, lit-on dans la déclaration d’excuses des chefs de police. Les agences policières ciblaient les Canadiens uniquement en fonction de leur orientation sexuelle, menant ainsi à une augmentation en matière d’accusations de grossière indécence et d’obscénité, d’emprisonnement, et de raids. 

«Plusieurs personnes ont été accusées aux termes de la loi relative aux maisons de débauche puisqu’elles étaient tout simplement présentes dans un bar gai ou un bain public», admet M. Larkin. 

Une de ces descentes, au bar montréalais «TruXX» en octobre 1977, avait donné lieu plus tard à ce qui est considéré comme la première grande manifestation de la communauté LGBTQ dans les rues de Montréal. Mais plusieurs autres descentes policières ont eu lieu par la suite dans des bars gais et des saunas. 

«Nous ne comprendrons jamais pleinement le dommage infligé par nos actions et nos décisions sur les innombrables Canadiens que nous étions appelés à soutenir, à protéger, et à servir, lit-on dans la déclaration des chefs de police. 

«Si nous désirons véritablement réparer les torts que nous avons causés, nous devons être imputables pour les méfaits attribuables à nos actions et nous devons entamer des actions publiques, concrètes pour réparer les dommages. Le moment est venu pour la réconciliation et la guérison.»

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