Les chefs du Nouveau-Brunswick courtisent le milieu des affaires

FREDERICTON — Les chefs d’entreprise du Nouveau-Brunswick ont entendu des plans économiques très différents de trois partis politiques, mardi.

Lors des campagnes électorales, les chefs de partis présentent habituellement leur plateforme devant des rassemblements de gens d’affaires dans les grandes villes de la province. Mais avec les restrictions liées à la COVID-19, les regroupements d’entreprises de Fredericton, Moncton et Saint-Jean ont plutôt opté cette année pour des conférences virtuelles.

Le chef libéral, Kevin Vickers, a soutenu mardi que la province avait besoin d’un programme de croissance économique, et non de ce qu’il a appelé «la voie des coupes et de l’austérité» préconisée par le chef progressiste-conservateur Blaine Higgs.

M. Vickers a promis de mettre «sur les stéroïdes» l’agence de développement économique de la province, Opportunités Nouveau-Brunswick. «Nous devons être beaucoup plus proactifs et robustes pour identifier les entreprises du monde entier qui veulent venir au Nouveau-Brunswick», a déclaré M. Vickers depuis Miramichi.

S’adressant plus tard au même regroupement, Blaine Higgs a affirmé que le budget que son gouvernement avait déposé au printemps portait ses fruits et qu’il n’inventait rien de nouveau pendant la campagne. Il a quand même ajouté que la province devait trouver de nouvelles façons de fournir des soins de santé alors que s’accroît la pénurie de médecins au Nouveau-Brunswick.

M. Higgs a souligné que si certains autres partis étaient prompts à injecter de l’argent dans des projets à court terme, lui s’intéresse «à la viabilité à long terme des régions de notre province, des régions qui se développent selon leurs propres mérites grâce à des programmes qui fonctionnent». Et «il ne s’agit pas seulement de mettre en place des compétitions entre une région et une autre», a déclaré M. Higgs.

Une entente fédérale-provinciale sur l’immigration

Les chefs conservateur et libéral soutiennent tous les deux le développement au Nouveau-Brunswick de petits réacteurs nucléaires modulaires, mais le chef du Parti vert a soutenu mardi que cette filière technologique était «très risquée». David Coon, qui s’est lui aussi adressé virtuellement aux gens d’affaires, a estimé qu’à ce stade, ces petits réacteurs ne sont qu’un concept et qu’ils pourraient nécessiter beaucoup de financement de l’État.

M. Coon a promis aux gens d’affaires qu’un gouvernement vert aiderait les petites entreprises en démarrage, qui sont souvent considérées par le gouvernement comme «trop petites pour être dignes d’intérêt».

Les trois dirigeants ont par ailleurs souligné la nécessité d’augmenter la population de la province afin de combler les quelque 120 000 emplois qui devraient être vacants au cours de la prochaine décennie. M. Coon souhaite ainsi un nouvel accord avec le gouvernement fédéral sur l’immigration, comme l’a fait le Québec.

Les groupes d’affaires doivent entendre mercredi le chef néo-démocrate Mackenzie Thomason et celui de l’Alliance des gens, Kris Austin.

Mardi, à Riverview, M. Austin a déclaré que son parti continuait de travailler pour que les ambulanciers soient reclassés en tant que professionnels de la santé. Il a également promis d’aider à financer la formation pour les pompiers volontaires.

C’était aussi mardi le dernier jour du vote par anticipation — et le taux de participation aurait été élevé. Samedi, au premier jour de ce processus, 63 000 personnes avaient voté, soit une augmentation d’environ 20 000 électeurs, ou 45 %, par rapport au premier jour du vote par anticipation en 2018. Élections Nouveau-Brunswick a mené une campagne intensive pour inciter les gens à voter plus tôt, afin d’éviter la circulation dense dans les bureaux de vote le jour du scrutin, lundi prochain.

Par ailleurs, les conservateurs et les libéraux ont chacun abandonné un candidat, lundi, à la suite de publications antérieures dans les réseaux sociaux sur la communauté LGBTQ. Mais le président et l’exécutif de l’Association progressiste-conservatrice de Victoria-La-Vallée a déclaré mardi qu’il encourageait toujours le candidat évincé Roland Michaud à se présenter en tant que «progressiste-conservateur indépendant» dans cette circonscription.

La circonscription du nord-ouest du Nouveau-Brunswick, qui englobe la communauté de Grand-Sault et qui compte une importante population francophone, est actuellement représentée par les libéraux.

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