Les chefs fédéraux lancent leur dernier appel aux électeurs avant le scrutin

Ce que vous devez savoir de la 36e (et dernière) journée de la campagne électorale fédérale.

MONTRÉAL — Les chefs fédéraux ont profité de la dernière journée de campagne avant le scrutin de lundi pour convaincre leurs électeurs à aller voter.

Les résultats s’annoncent serrés. Chaque point de pourcentage peut faire une différence entre la victoire et la défaite tant sur le plan local que sur le plan national.

Si certains avaient choisi de s’aventurer comme des conquérants dans des circonscriptions détenues par leurs adversaires, d’autres avaient opté pour une approche en apparence plus défensive.

Par exemple, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a fait campagne dans des circonscriptions libérales, comme Saint-Maurice–Champlain et Sherbrooke.

De passage à Shawinigan, où il a rencontré le maire Michel Angers, il s’est engagé à défendre les 2000 employés du Centre de données fiscales du gouvernement fédéral si le Québec obtient la déclaration de revenus unique, comme le propose le Bloc.

« J’avais déjà prévu faire un dernier arrêt de campagne à Shawinigan, les traîneries qui étaient restées sur le coin de la table me dérangeaient beaucoup, puisque c’est ma ville d’adoption », a déclaré le chef bloquiste en mêlée de presse devant l’hôtel de ville.

Le chef conservateur Erin O’Toole a adopté une approche semblable. Certes, il a fait campagne dans une circonscription libérale prenable — Oakville — avant d’aller dans le Grand Toronto, mais il a fait preuve d’une grande prudence… en refusant de répondre aux questions des journalistes.

Se présentant comme celui pouvant « arrêter Justin Trudeau », il a martelé son message. « Nous avons besoin d’un gouvernement éthique, dont l’objectif est d’assurer le bien-être des Canadiens, et non pas d’un gouvernement qui cherche à s’accrocher au pouvoir avec une élection de 600 millions de dollars en pleine pandémie », a-t-il lancé.

Selon M. O’Toole, la réaction d’un gouvernement libéral ne ferait qu’empirer les choses au chapitre du déficit et du coût de la vie.

Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh a lui visité des circonscriptions libérales ou conservatrices dans les Basse-Terre continentales de la Colombie-Britannique.

Cherchant à persuader les électeurs qu’il peut encore devenir le prochain premier ministre du pays, M. Singh a placé Erin O’Toole et Justin Trudeau dans le même sac, les accusant de s’être alliés dans le passé pour prendre de mauvaises décisions pour les Canadiens.

Il a reconnu que le prochain gouvernement pourrait être minoritaire, mais peu importe le résultat du scrutin, le NPD continuera de se battre pour la population, s’est-il engagé. « Je vais faire fonctionner le gouvernement pour vous », a-t-il dit.

Le chef libéral Justin Trudeau avait choisi une stratégie plus défensive. Amorçant la journée à Montréal, où ses lieutenants Mélanie Joly et Pablo Rodriguez ont jeté leur venin sur le Bloc québécois, il s’est ensuite dirigé dans le Grand Toronto avant de se rendre virtuellement en Alberta, au Manitoba ainsi qu’en Atlantique, et en personne en Colombie-Britannique.

Il a continué de s’en prendre à Erin O’Toole, tentant de l’associer aux déboires de l’Alberta et de la Saskatchewan dans la lutte contre la COVID-19. Le chef libéral a dit que les électeurs voyaient la différence entre le Québec, qui a « bien géré la pandémie », et l’Alberta ou la Saskatchewan, qui ont « suivi l’approche O’Toole, qui ne fonctionne pas ».

M. Trudeau dit ne rien tenir pour acquis. « Depuis ma première élection dans Papineau, où on avait énormément de défis, on se concentre sur deux choses : écouter et connecter avec les gens et travailler plus fort que nos adversaires. Et c’est ça qui fonctionne pour le Parti libéral », a-t-il déclaré.

Les bureaux de scrutin ouvrent à 9 h 30, lundi. Les résultats seront dévoilés en soirée, mais Élections Canada a prévenu dimanche que le dépouillement des bulletins reçus par la poste pourrait prendre jusqu’à quatre jours.