« Les chiffres sont clairs, nous allons gagner », déclare Joe Biden

Dans son discours vendredi soir, Joe Biden a lancé un appel à la solidarité en rappelant que malgré les différends politiques, républicains et démocrates sont des adversaires et non des ennemis.

Alors qu’il se rapproche de plus en plus de la victoire, en raison de son avance grandissante en Pennsylvanie, le candidat démocrate Joe Biden s’est adressé aux Américains pour les appeler à nouveau à la patience tout en annonçant qu’il se mettait déjà au travail.

Joe Biden a pris la parole depuis Wilmington, au Delaware, tard en fin de soirée vendredi. L’ex-vice-président était flanqué de sa colistière Kamala Harris dans ce qui devait être un discours de la victoire. La lenteur du processus de dépouillement des bulletins a cependant privé le tandem Biden-Harris de la possibilité de crier victoire.

Plus tôt dans la journée, le président Donald Trump avait promis aux Américains qu’il « n’abandonnera jamais le combat pour vous et notre nation ».

Dans un communiqué transmis vendredi après-midi, M. Trump a affirmé que les Américains avaient droit à une «transparence totale» quant au dépouillement des votes et la certification des élections.

Donald Trump a passé sa journée, vendredi, à envoyer des messages intempestifs sur Twitter et à suivre les résultats. Il a continué à remettre en doute l’intégrité des élections, sans fournir de preuve.

Dès la matinée, Joe Biden a pris les devants dans la course en Pennsylvanie et son écart n’a cessé de croître par la suite. En fin de soirée, il menait par plus de 28 000 votes. Joe Biden détient aussi une courte avance en Géorgie, et il est en tête en Arizona et au Nevada.

Le président Trump n’a aucun moyen d’obtenir les 270 grands électeurs dont il a besoin pour retourner à la Maison-Blanche s’il perd la Pennsylvanie. En revanche, si Joe Biden remporte cet État, il deviendrait le président désigné des États-Unis.

Dans son discours en soirée, Joe Biden a soutenu que la progression du décompte des voix semble indiquer qu’il pourrait remporter plus de 300 grands électeurs, ce qui serait comparable au résultat obtenu par Donald Trump en 2016. Le président républicain avait récolté 304 grands électeurs.

Par ailleurs, Joe Biden a laissé un appel à la solidarité en rappelant que malgré les différends politiques, républicains et démocrates sont des adversaires et non des ennemis.

Il a également annoncé qu’il s’était déjà mis au travail pour mener le combat contre la COVID-19, pour la reprise économique et contre les changements climatiques.

« Je veux que les gens sachent que l’on n’attend pas pour se mettre au travail », a-t-il lancé dans son adresse à la nation en précisant avoir notamment déjà eu des entretiens avec des experts en santé publique.

Anxiété chez les Américains

Alors que les Américains ont passé une troisième journée postélectorale sans savoir qui sera président pendant les quatre prochaines années, le président Donald Trump tente de voir jusqu’où il peut aller en utilisant le pouvoir présidentiel pour miner la confiance envers l’élection.

On ne sait pas quand un vainqueur national sera déterminé après une longue et amère campagne dominée par le coronavirus et ses effets sur les Américains et l’économie nationale. Les États-Unis ont établi mercredi un autre record de cas confirmés quotidiens, alors que plusieurs États affichaient des sommets sans précédent. La pandémie a tué plus de 233 000 personnes aux États-Unis.

Plusieurs jours pourraient encore être nécessaires pour que le décompte des voix se termine et qu’un gagnant clair émerge. Avec des millions de bulletins de vote qui n’ont pas encore été compilés, M. Biden avait déjà reçu plus de 73 millions de votes, le nombre le plus élevé de l’histoire.

Des républicains critiquent Trump

Les affirmations erronées de M. Trump sur l’intégrité de l’élection ont mis les républicains au défi de choisir de rompre avec un président qui, bien que son emprise sur son bureau soit devenue ténue, a obtenu des cotes d’approbation extrêmement élevées de la part des membres du parti.

« Il a tort de dire que l’élection est corrompue, truquée ou volée — faire cela nuit à la cause de la liberté ici et dans le monde, affaiblit les institutions à la fondation de la République et attise imprudemment des passions destructrices et dangereuses », a affirmé le sénateur de l’Utah Mitt Romney.

Le gouverneur républicain du Maryland, Larry Hogan, un candidat potentiel à la présidentielle 2024 qui a souvent critiqué M. Trump, a déclaré sans équivoque : « Il n’y a aucune défense pour les commentaires du président ce soir, qui minent notre processus démocratique. L’Amérique compte les votes et nous devons respecter les résultats comme nous l’avons toujours fait auparavant. »

Mais d’autres qui, selon la rumeur, envisageraient une course à la Maison-Blanche dans quatre ans, se sont alignés sur le président sortant, y compris le sénateur du Missouri Josh Hawley, qui a écrit sur Twitter son soutien aux affirmations de Donald Trump, écrivant que « ce que les 24 dernières heures ont rendu clair, c’est que nous avons besoin MAINTENANT de nouvelles lois sur l’intégrité électorale ».

La campagne de M. Trump s’est engagée dans une vague de procédures judiciaires pour tenter d’améliorer les chances du président républicain, demandant un recomptage dans le Wisconsin et intentant des poursuites en Pennsylvanie, au Michigan et en Géorgie.

Les juges de Géorgie et du Michigan ont rapidement rejeté les poursuites de la campagne Trump jeudi, alors que M. Trump détenait encore un petit avantage en Géorgie — bien que M. Biden gagnait du terrain alors que les votes continuaient à être comptés.

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