Les collèges privés déplorent la suspension du calcul de la cote R

QUÉBEC — La Fédération des cégeps accueille avec satisfaction la décision du gouvernement de ne pas comptabiliser les résultats du trimestre d’hiver dans le calcul de la cote R, alors que les collèges privés se disent déçus.

Le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge a expliqué que la situation sanitaire actuelle au Québec entraîne de trop grandes disparités d’enseignement entre les étudiants, les différents collèges et les régions. Or, le calcul de la cote de rendement au collégial (CRC), communément appelée la cote R, repose sur l’hypothèse de mêmes conditions d’enseignement pour tous.

Le ministre veut assurer qu’aucun étudiant ne soit injustement pénalisé en raison de la COVID-19, même s’il admet que ceux qui ont eu accès à des conditions d’enseignement optimales puissent être déçus de cette décision.

Le gel de la cote R fera en sorte que tous les étudiants pourront poursuivre leurs apprentissages, voir leurs cours crédités et continuer leur parcours académique.

La Fédération des cégeps applaudit cette décision, qui permettra selon elle à l’ensemble des étudiants de terminer cette session bien particulière «dans des conditions justes et inclusives».

«On voyait apparaître un risque d’iniquités dans le calcul de la cote R. Dans le réseau collégial, personne ne veut désavantager des étudiants ne disposant pas des conditions personnelles et technologiques adéquates pour finir leur session», a indiqué le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay, dans un communiqué publié lundi après-midi. 

M. Tremblay a ajouté que la reprise des cours dans le contexte de la crise sanitaire «ne permettait pas toujours d’accorder une cote R pour chaque cours comme c’est normalement le cas» et que «les disparités qu’on observait entre les collèges, les étudiants et les régions risquaient d’entraîner d’importantes iniquités à l’échelle de la province».

Des déçus aussi

Mais les collèges membres de l’Association des collèges privés du Québec (ACPQ) déplorent cette décision du ministre. Dans un communiqué, l’ACPQ a indiqué lundi que ses membres avaient réussi à offrir leurs programmes en ligne ou en mode alternatif depuis le début de la pandémie, précisant que de nombreuses mesures ont été mises en œuvre afin de soutenir les étudiants qui ont des besoins particuliers.

«L’objectif de nos collèges étant la réussite de nos étudiants, tous les efforts ont été mis en place afin de poursuivre la session. Dans ce contexte, nous constatons que cette décision a démotivé les étudiants qui ont fait les efforts escomptés pour poursuivre leur formation et a démobilisé le personnel enseignant», peut-on lire dans le communiqué.

Selon Christian Corno, président de l’ACPQ et directeur général du Marianopolis College, «il y a un bon nombre d’étudiants dans le réseau privé et public qui réussissent par leurs efforts à mieux performer et en abolissant la cote R de la session de l’hiver, ils seront privés du fruit de ces efforts».

L’ACPQ propose au ministre Roberge de former un comité qui aurait pour but d’analyser les impacts de cette décision et de «trouver d’autres mécanismes afin de reconnaitre les résultats de la session d’hiver».

La cote R est un système de notation standardisé qui classe les élèves les uns par rapport aux autres et qui fonctionne de manière équitable et optimale lorsque les conditions d’enseignement sont les mêmes pour tous.

C’est sur cette base que les étudiants sont admis dans les différents programmes universitaires. Un écart de quelques points peut faire une différence entre une acceptation et un refus dans des programmes contingentés.

Selon la Fédération des cégeps, comme la cote R sert de base à l’admission à l’université, elle génère un stress important chez une majorité d’étudiants, et le contexte de la pandémie peut exacerber ce stress et provoquer chez certains étudiants «d’autres difficultés, en matière d’apprentissage ou d’accès aux technologies, ou encore sur le plan personnel ou familial».

Le 26 mars dernier, le ministre Roberge a annoncé dans un premier temps qu’en accord avec les établissements universitaires, un assouplissement pour le calcul de la cote R avait été autorisé.

Le gouvernement du Québec signale que sa décision de ne pas comptabiliser les résultats du trimestre d’hiver 2020 rejoint la position exprimée par la Fédération des cégeps, la Fédération étudiante collégiale du Québec et les principaux syndicats d’enseignement.

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