Les connaissances scientifiques au sujet de la COVID-19 progressent

MONTRÉAL — Des études publiées récemment jettent un nouvel éclairage sur la manière dont le virus responsable de la COVID-19, le SRAS-CoV-2, infecte le cerveau et les intestins.

Elles lèvent aussi une partie du voile sur le mystère des patients qui souffrent de la forme «longue» de la maladie.

Dans un premier temps, des chercheurs de l’université Louisiana State ont constaté que le virus semble en mesure d’infecter non seulement les neurones du cerveau, mais aussi des cellules qui protègent et soutiennent les neurones, les astrocytes.

Les astrocytes sont une composante importante de la barrière hématoencéphalique. Elles transportent normalement les nutriments du sang jusqu’aux neurones, tout en les protégeant des substances nuisibles. Elles sont très résistantes aux infections, mais il suffirait que le SRAS-CoV-2 en infecte seulement quelques-unes pour ensuite aller dévaster les neurones, qui sont elles beaucoup moins résistantes, ont expliqué les auteurs de l’étude par voie de communiqué.

Cela pourrait expliquer pourquoi certains patients atteints par la COVID-19 présentent des symptômes neurologiques graves.

Des chercheurs du Laboratoire européen de biologie moléculaire ont quant à eux reproduit en laboratoire des cellules du système digestif humain pour étudier leur interaction avec le coronavirus.

Ils ont constaté que le SRAS-CoV-2 est en mesure de faire taire la réponse immunitaire des cellules intestinales infectées. Les scientifiques croient que cette découverte pourrait permettre de mieux comprendre comment le virus résiste à la réponse immunitaire et d’identifier de nouvelles stratégies pour le combattre.

Des travaux menés au Centre des sciences de la santé de l’université américaine Texas Tech ont montré que la seule exposition à la protéine de spicule qu’on retrouve à la surface du SRAS-CoV-2 semble suffisante pour modifier l’expression de certains gènes dans les cellules des voies respiratoires.

Lors d’expériences en laboratoire, les chercheurs ont vu que des cellules respiratoires exposées à des concentrations faibles ou élevées de la protéine de spicule présentaient ensuite des différences dans l’expression de leurs gènes. Ces différences persistaient même une fois les cellules «guéries», ce qui pourrait expliquer pourquoi certains patients atteints de la forme «longue» de la maladie exhibent des symptômes pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

Enfin, des chercheurs de l’université Wayne State, près de Detroit, ont détecté dans l’urine de patients atteints de la COVID-19 des biomarqueurs du système immunitaire qu’on ne retrouve pas dans l’urine de patients en santé. Les concentrations de ces biomarqueurs étaient plus élevées dans l’urine de patients présentant des comorbidités comme l’hypertension ou le diabète.

Les chercheurs croient que cela pourrait permettre d’identifier plus facilement les patients les plus susceptibles de souffrir d’une forme grave de la maladie ou d’être frappés par une réponse immunitaire démesurée (la tempête cytokinique).

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