Les conservateurs armeraient les forces ukrainiennes plutôt que les Kurdes

OTTAWA — Les conservateurs d’Andrew Scheer veulent que le gouvernement fédéral accorde à l’Ukraine 9,5 millions $ en équipement militaire, une somme qui visait d’abord à aider les forces kurdes dans leur combat contre Daech (le groupe armé État islamique) en Irak.

Le gouvernement Trudeau a annoncé il y a 15 mois qu’il fournirait des armes aux Kurdes — notamment des fusils, des mitrailleuses, des mortiers légers, des lance-grenades et des missiles antichars — dans le cadre de la mission remodelée du Canada pour aider à éradiquer Daech.

Toutefois, il y a eu des retards dans l’obtention d’approbations par le gouvernement irakien, et dans l’établissement de balises adéquates pour éviter que des armes ne se retrouvent entre les mains de groupes paramilitaires accusés de commettre des crimes de guerre en Irak.

Avant que les armes ne soient finalement acquises par le Canada à la fin de l’année dernière, la situation avait tourné à l’affrontement entre les forces irakiennes et kurdes relativement aux nouvelles revendications des Kurdes pour un État indépendant dans le nord de l’Irak.

À ce jour, ces armes demeurent entreposées dans une installation des Forces armées canadiennes à Montréal.

Le Parti conservateur affirme qu’un gouvernement Scheer enverrait plutôt ces armes à l’Ukraine.

«Ils ont permis que ces armes demeurent entreposées et accumulent de la poussière et, pendant ce temps, la violence en Ukraine a connu une nouvelle offensive printanière», a fait valoir le porte-parole conservateur en matière de défense, James Bezan.

«Au lieu de laisser ces armes être inexploitées, mettons-les entre les mains de gens qui peuvent en faire usage», a-t-il ajouté.

Depuis que la Russie s’est emparée de la péninsule de Crimée en 2014, l’Ukraine est en guerre contre les rebelles soutenus par Moscou dans la région du Donbass.

Le gouvernement ukrainien a demandé au Canada de lui fournir des armes de nature «défensive», comme l’ont fait les États-Unis, mais le gouvernement Trudeau ne s’est pas engagé en ce sens. Il a ouvert la porte il y a six mois à l’exportation en Ukraine d’armes fabriquées au Canada, mais il a refusé de dire si des demandes avaient été faites, ou même approuvées.

M. Bezan a affirmé que les conservateurs désigneraient un envoyé spécial dans la région kurde en Irak, qui serait en mesure d’agir comme médiateur entre les Kurdes et Bagdad.