Les conservateurs au N.-B. misent sur la conduite de Higgs face à la pandémie

FREDERICTON — Les progressistes-conservateurs du Nouveau-Brunswick ont fait mercredi des promesses de campagne en éducation, mais pas avant que le premier ministre Blaine Higgs n’ait tenu à vanter plusieurs fois sa maîtrise face à la pandémie de COVID-19.

La campagne pour les élections du 14 septembre, qui en est maintenant à sa troisième semaine, a offert mercredi son assortiment habituel de promesses et de rhétorique, mais il est devenu clair que les conservateurs veulent miser sur la conduite du premier ministre face à la grande pandémie.

M. Higgs, qui maintenait son gouvernement minoritaire depuis 23 mois lorsqu’il a déclenché des élections anticipées le mois dernier, a rappelé mercredi, à Oromocto, que le taux d’infection à la COVID-19 continuait d’être faible au Nouveau-Brunswick et il a soutenu que la province était au premier rang en matière de reprise économique au pays.

Avant que le ministre de l’Éducation, Dominic Cardy, n’annonce qu’un gouvernement conservateur augmenterait les salaires des éducatrices de la petite enfance et étendrait un programme alimentaire à chaque école, il a mis un point d’honneur à vanter la direction de son chef et de son gouvernement pendant cette pandémie.

Les déficits et l’austérité

Plus tôt dans la journée, le chef du Parti libéral avait promis un budget équilibré pour la troisième année de son mandat, au plus tard. En campagne à St. Stephen, Kevin Vickers a déclaré que les libéraux feraient de la responsabilité financière une priorité absolue.

Il a admis que l’impact économique de la pandémie de COVID-19 ne pourrait pas être ignoré, mais il a promis que son parti se concentrerait sur la croissance économique. M. Vickers a également critiqué son adversaire Higgs, en affirmant que les libéraux n’équilibreraient pas le budget sur le dos des plus vulnérables en coupant dans les dépenses comme l’ont fait les conservateurs, selon lui.

À Oromocto, M. Higgs a refusé de fixer un échéancier pour le retour à l’équilibre budgétaire. Il a soutenu que le bouleversement économique causé par la pandémie de COVID-19 rendait ce genre d’engagement hors de portée. Le chef conservateur a tout de même demandé si M. Vickers était prêt à augmenter les impôts pour éliminer le déficit de 300 millions $, ce que lui refuse de faire. Plus tard dans la journée, à Saint-Jean, M. Vickers a répondu qu’il n’avait «aucun plan» pour augmenter les impôts.

M. Vickers a aussi promis de s’assurer que les agences, les conseils et les commissions de la province adopteraient des politiques pour promouvoir la diversité au sein de leurs rangs. Selon lui, le gouvernement Higgs n’a pas progressé à ce chapitre.

Le chef du Parti vert, David Coon, a indiqué dans un communiqué qu’il obligerait Énergie NB à n’utiliser que de l’énergie renouvelable d’ici 2035. M. Coon estime qu’il s’agit d’un objectif réaliste, en investissant dans l’énergie éolienne, les parcs solaires, les technologies de stockage et les contrats à long terme d’achat d’électricité au Québec et au Labrador. «M. Higgs et M. Vickers s’accrochent à leurs idées du XXe siècle sur l’énergie alors que la crise climatique s’intensifie», a estimé M. Coon.

Les Acadiens interpellent Higgs

Par ailleurs, la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick a déploré, mercredi, que les conservateurs ne se soient pas encore engagés, comme l’ont fait les libéraux et les verts, à créer un comité permanent des langues officielles à l’Assemblée législative. Il s’agit d’une «revendication centrale» de la communauté acadienne, selon la SANB, pour «rompre avec la partisanerie malsaine du statu quo afin de dépolitiser la mise en oeuvre de la Loi sur les langues officielles à l’Assemblée législative».  

«En raison de ses antécédents politiques en tant qu’ancien membre du Parti CoR, plusieurs francophones se méfient grandement des intentions de M. Higgs, souligne Alexandre Cédric Doucet, président de la SANB, dans un communiqué. D’ailleurs, jusqu’à présent, sa seule sortie à l’égard des langues officielles pendant la campagne a été de dire qu’il ne rejettera pas d’emblée l’idée du People’s Alliance de s’attaquer aux exigences linguistiques au sein de la fonction publique s’il est réélu.

M. Doucet demande à M. Higgs s’il «donnera raison à ceux qui disent qu’il est tout simplement un allianciste déguisé en conservateur».

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