Les conservateurs pourraient se choisir un nouveau chef au congrès d’avril

OTTAWA — Un conservateur haut placé qui a joué un rôle déterminant dans la dernière course à la direction du parti a déclaré qu’il est possible que les membres choisissent un nouveau chef au prochain congrès du parti en avril, mais que cela demanderait beaucoup de travail.

Dan Nowlan, qui a supervisé la course à la direction du parti en 2017 qui s’est terminée par la victoire à l’arraché d’Andrew Scheer, a également mentionné qu’il était décevant que le directeur de longue date du parti n’ait pas de rôle officiel à jouer dans le processus cette fois-ci.

Une nouvelle course à la direction du parti a débuté de manière informelle la semaine dernière après qu’Andrew Scheer eut annoncé sa démission à titre de chef.

Cette décision n’était pas totalement inattendue, après des semaines de jeux de coulisses et de pressions publiques dans la foulée de la défaite électorale d’octobre dernier.

Le coup de grâce est survenu la semaine dernière lorsque les médias ont rapporté qu’Andrew Scheer avait pigé dans les fonds du parti pour payer les frais de scolarité de ses enfants à l’école privée.

Pris entre deux feux sur cette question, le directeur du parti Dustin Van Vugt a déclaré avoir approuvé l’allocation à même les coffres du parti afin d’accommoder le chef conservateur.

Les superviseurs du Fonds du Parti conservateur n’ont apparemment appris cette décision que la semaine dernière et s’y sont vigoureusement opposés, ce qui a conduit à une lutte interne.

Parmi les demandes du Fonds du Parti conservateur, il y a un audit très précis des dépenses d’Andrew Scheer en tant que leader qui comprendrait une analyse plus approfondie des contrats approuvés pendant son mandat, a déclaré à La Presse canadienne, sous couvert de l’anonymat, une source proche du Fonds.

Les porte-paroles d’Andrew Scheer et de Dustin Van Vugt ont refusé les demandes de commentaires. Parmi ceux qui siègent au conseil d’administration du Fonds conservateur, il y a l’ancien premier ministre Stephen Harper. Les efforts pour le joindre afin d’obtenir une entrevue ont été infructueux. Le Parti conservateur a également refusé de commenter officiellement.

Dan Nowlan, qui est actif dans le parti depuis des décennies, a qualifié Dustin Van Vugt de «l’une des personnes les plus travaillantes et éthiques» avec lesquelles il a fait équipe.

Les deux ont travaillé en étroite collaboration lors de la préparation et du déroulement de la course à la direction de 2017. Une course de 16 mois qui a impliqué jusqu’à 16 candidats, plus d’une douzaine de débats et les votes de milliers de membres du parti.

Dan Nowlan et Dustin Van Vugt sont montés sur scène pour annoncer les résultats lors de chaque tour de scrutin en 2017, aboutissant finalement par une victoire au 13e tour d’Andrew Scheer, par un poil, sur Maxime Bernier.

«Il est décevant qu’il n’ait pas de rôle de premier plan dans la prochaine course à la direction», a déclaré Dan Nowlan à propos de Dustin Van Vugt.

Plusieurs réunions ont lieu cette semaine au Conseil national du Parti conservateur pour déterminer qui jouera les rôles qu’occupaient Dan Nowlan et Dustin Van Vugt lors de la dernière course.

Les discussions servent notamment à déterminer si la convention prévue pour avril 2020 est le moment et le lieu appropriés pour le vote d’un nouveau chef.

Certains membres du parti ont demandé que la nomination du prochain chef ait lieu plus tard, tandis que d’autres disent qu’avec un gouvernement minoritaire à Ottawa, il n’y a pas de temps à perdre.

«C’est possible», a déclaré Dan Nowlan à propos du calendrier potentiellement serré, «mais cela demandera beaucoup de travail.»

L’une des réponses se trouve peut-être dans la constitution même du parti: le vote à la direction nécessite de prévoir la possibilité d’un vote par correspondance. Il pourrait être difficile d’organiser des votes par correspondance pour les membres du parti qui vivent à l’étranger avant le mois d’avril.

Le comité qui a supervisé la course à la direction de 2017 et que Dan Nowlan dirigeait doit déterminer les règles de la course, y compris le montant minimum requis pour l’inscription et le nombre de signatures dont un candidat a besoin pour parrainer sa nomination.

En 2017, il s’agissait de 100 000 $ et de 300 membres de partis provenant d’au moins 30 circonscriptions électorales dans au moins sept provinces et territoires différents.

À l’époque, ces règles étaient considérées comme des barrières à l’entrée relativement élevées, mais un nombre important de candidats se sont tout de même présentés, et il y a un débat cette fois sur la question de savoir s’il est justifié et s’il existe une façon de restreindre la quantité de candidats.

Malgré l’absence de règles, des noms de candidats potentiels circulent déjà.

Parmi eux se trouve celui du député de longue date Pierre Poilievre. Il a insisté lundi sur le fait qu’il n’avait pas d’organisation de campagne en place parce qu’il n’était pas en campagne, mais il a toutefois ajouté qu’il était trop tôt pour spéculer sur son avenir.

«Beaucoup de gens proposeront leur nom. Ce que je sais, c’est que nous avons besoin de quelqu’un qui se lèvera, se battra et gagnera.»