Les conservateurs veulent convoquer aux comités du personnel politique libéral

OTTAWA — Les libéraux fédéraux affirment que les conservateurs abusent de leurs pouvoirs à la Chambre des communes en voulant forcer des membres du personnel politique à venir témoigner devant des comités parlementaires.

Selon le leader libéral en Chambre, Pablo Rodriguez, la coutume au Parlement veut qu’on s’arrête aux ministres lorsqu’il s’agit de déterminer qui doit être tenu responsable et qui peut être convoqué en comités.

Selon lui, les conservateurs font preuve d’intimidation partisane en utilisant des tactiques procédurales «musclées» pour convoquer du personnel politique et de hauts fonctionnaires à venir témoigner sur l’affaire «WE Charity» et sur la façon dont le gouvernement a traité une allégation d’inconduite sexuelle visant le chef d’état-major de la défense. 

«Les députés de cette Chambre sont protégés de l’intimidation grâce à notre privilège parlementaire, a plaidé M. Rodriguez aux Communes, jeudi matin. Il est irresponsable de la part des députés de transformer cette protection en armes contre ceux qui ne sont pas couverts par ces protections.»

«Non seulement c’est irresponsable, c’est un abus de pouvoir évident», a-t-il soutenu.

«Une connaissance directe»

La motion des conservateurs, débattue jeudi, vise à faire témoigner trois membres du personnel politique du premier ministre devant le comité d’éthique des Communes, afin de fournir plus d’informations sur l’affaire «WE Charity».

Les conservateurs souhaitent aussi que l’ancien chef de cabinet du ministre de la Défense, qui travaille maintenant pour un autre ministre, comparaisse devant le Comité de la défense des Communes, pour faire la lumière sur les problèmes d’inconduite sexuelle dans les Forces armées canadiennes.

Le porte-parole conservateur en matière d’éthique, Michael Barrett, a accusé les libéraux d’essayer de cacher la vérité. «Toutes ces personnes ont une connaissance directe des questions que les comités ont étudiées et elles doivent témoigner pour que les Canadiens puissent connaître la vérité», a déclaré M. Barrett.

Il a rejeté l’idée selon laquelle les Canadiens ne seraient pas aussi intéressés par ces questions qu’ils le sont par la pandémie. «Nous pensons qu’il est très important pour les Canadiens que lorsque le gouvernement dépense des centaines de millions et des milliards de dollars, il le fasse de manière efficace.»

La motion stipule que si le premier ministre Justin Trudeau se présentait à la place de ces témoins pendant au moins trois heures, les membres de son personnel n’auraient pas à le faire.

Les conservateurs ont essayé de convoquer ces témoins à des comités, mais ces efforts ont été freinés par les libéraux, qui utilisent des mesures procédurales pour éviter les votes. Les conservateurs veulent donc maintenant soumettre la question au vote à la Chambre des communes elle-même, où l’opposition peut plus facilement déjouer les libéraux, minoritaires.

Laisser un commentaire