Les convois de camionneurs sont salués par des sympathisants sur leur passage

Des dizaines de sympathisants en Ontario et au Nouveau-Brunswick ont salué jeudi le passage chez eux de branches du grand convoi national de camionneurs qui se dirigent vers Ottawa pour protester en fin de semaine contre la vaccination obligatoire des routiers qui traversent la frontière.

Le mouvement, qui a commencé en Colombie-Britannique il y a quelques jours, a attiré au fil du temps des participants à travers tout le pays, alors que des camionneurs locaux se joignent graduellement aux différents convois qui doivent se retrouver en fin de semaine à Ottawa.

Dans le stationnement bondé d’un centre commercial au nord de Toronto, jeudi, des sympathisants lançaient de l’argent et de la nourriture aux camionneurs, dans leur véhicule, tandis que d’autres brandissaient des pancartes pour protester contre le gouvernement, alors que les camions se déployaient progressivement.

Mike Fabinski, camionneur depuis 20 ans, expliquait que la vaccination obligatoire imposée par Ottawa signifie qu’il ne pourra plus être affecté au transport transfrontalier. «Vous voulez être vacciné? Allez-y, c’est votre choix. Moi, je ne veux pas être vacciné, c’est mon choix», déclarait le résident de Barrie. 

Rob Irons, lui, explique qu’il est venu soutenir les camionneurs parce qu’il croit que la vaccination obligatoire enrayera la chaîne d’approvisionnement. «Ça n’a aucun sens: ces camionneurs ne sortent pratiquement jamais de leur camion, a-t-il soutenu. Ils ne transmettent (le virus) à personne. Je ne comprends pas.»

D’autres sympathisants en Ontario prévoyaient de se joindre au convoi et faire le voyage jusqu’à Ottawa pour la manifestation en fin de semaine. «C’est une question de paix. C’est une question de liberté. Il s’agit de retrouver le mode de vie canadien. Nous ne sommes pas ici pour le transformer en violence», a déclaré Dean Brown, qui prévoyait lui aussi de se rendre dans la capitale.

Les camionneurs étaient exemptés de la vaccination obligatoire pour le transport transfrontalier, mais Ottawa a mis fin à cette exemption le 15 janvier. Les camionneurs canadiens doivent donc maintenant être entièrement vaccinés s’ils veulent éviter une quarantaine de 14 jours lorsqu’ils rentrent au Canada depuis les États-Unis.

Des militants qui soutiennent des opinions d’extrême droite se sont joints au mouvement contre la vaccination obligatoire des routiers. Dans une vidéo en ligne, un homme exprime l’espoir que le rassemblement à Ottawa deviendra l’équivalent canadien de l’assaut du 6 janvier 2021 contre le Capitole, aux États-Unis, par des partisans du président défait Donald Trump.

L’Alliance canadienne du camionnage, qui s’est dissociée de la manifestation, affirme que plus de 85 % des 120 000 camionneurs canadiens qui traversent régulièrement la frontière américaine sont vaccinés, mais que jusqu’à 16 000 routiers pourraient être mis à l’écart en raison de la nouvelle mesure, ce qui exacerbe les problèmes de la chaîne d’approvisionnement.

Dans l’Atlantique

Dans l’est du pays, des centaines de personnes agitaient des pancartes et des drapeaux canadiens aux abords de la route transcanadienne et d’un viaduc à Lincoln, au Nouveau-Brunswick, au passage d’une partie du convoi qui se dirigeait jeudi vers Ottawa depuis le Canada atlantique. Sur les pancartes, on pouvait lire des slogans sur la liberté, la fierté canadienne et les droits individuels. 

«Nous défendons nos libertés. Nous luttons simplement pour notre droit de choisir», a déclaré Sharon Lee Saulnier, de Jemseg, en attendant l’arrivée des camionneurs. Chris Harrison, de Hampton, était là lui aussi pour la liberté de choix. 

Roger Reid, un camionneur du comté de Hants, en Nouvelle-Écosse, est sorti de son camion et a été accueilli avec des sacs de nourriture et d’autres fournitures. «Ça n’a plus rien à voir avec les vaccins: ils nous disent de nous faire vacciner, de faire ceci, de faire cela, et ils continuent de nous enlever (nos droits). On le fait pour tout le monde, pas seulement pour nous.»

L’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique ne cautionne pas non plus ce mouvement qui «dépasse maintenant la vaccination obligatoire». Son directeur, Jean-Marc Picard, s’est dit préoccupé en entrevue jeudi par des rumeurs de blocages entre le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et le Québec en fin de semaine.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a dit comprendre que les citoyens en avaient assez de la COVID-19 et des restrictions, mais il a ajouté qu’il fallait «trouver un moyen de protéger la santé et la sécurité de chacun».

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré qu’il appuyait les camionneurs, mais qu’il appuyait aussi la vaccination.

La Police provinciale de l’Ontario exhortait jeudi les automobilistes à faire preuve de patience, alors que s’approchait de Toronto l’important convoi de camionneurs qui se dirigent vers Ottawa. Le sergent Kerry Schmidt rappelait jeudi que des véhicules gros et petits convergeraient de toute la province. Il demande aux automobilistes de se préparer à des retards sur les autoroutes très achalandées de la région de Toronto, y compris l’autoroute 401, l’autoroute 400 et la «Queen Elizabeth Way».

Les commentaires sont fermés.

Je comprend pas pourquoi on mentionne la vaccination obligatoire. Ca n’as aucun rapport avec la covid mais avec leur conditions de travail je trouve ca vraiment degueulasse de sortir un AUTRE article a propos de la manifestation qui a un lien avec la covid parce que ca a aucun rapport. Ca me depasse de voir ca la journee JUSTE AVANT la manif . Je pense que ca la ete asser clarifier dans les derniers jours les VRAIS RAISONS de cette manifestation