Les craintes liées à la COVID-19 semblent favoriser les naissances à domicile

TORONTO — La peur de contracter le COVID-19 à l’hôpital ou dans le cabinet d’un médecin incite de futures mamans à accoucher à la maison, disent des groupes de sages-femmes.

Plusieurs études, dont une réalisée récemment, indiquent cette augmentation de l’intérêt pour l’accouchement à domicile a coïncidé avec le début de la pandémie, au printemps.

Madeleine Shaw, de Victoria, est l’une de ces femmes qui ont préféré leur foyer à l’hôpital. Enceinte de 34 semaines en mars, ayant l’intention d’avoir son bébé à l’hôpital, elle a changé d’avis à la dernière minute, craignant de contracter la COVID-19.

«Un premier accouchement est déjà un épisode truffé d’inconnus et d’anxiété pour plusieurs femmes. Mettre au monde un enfant pendant la pandémie représentait la cerise sur le gâteau, raconte Mme Shaw. C’est effrayant aujourd’hui, mais ça l’était encore plus à ce moment-là, car nous en savions si peu.»

Plusieurs autres femmes partagent ces préoccupations.

Selon une enquête menée le mois dernier, 89 % des membres de l’Association des sages-femmes de la Colombie-Britannique disent qu’un plus grand nombre de femmes les ont interrogées de mars à novembre sur la possibilité d’accoucher à la maison. Près de 40 % jugent que l’augmentation de l’intérêt pour l’accouchement à domicile est importante ou modérée.

En Ontario, un portrait semblable se dégage de la situation, dit la présidente des sages-femmes de l’Ontario, Jasmin Tecson. L’intérêt pour les services d’une sage-femme et pour l’accouchement dans un milieu non hospitalier est grandissant, souligne-t-elle.

«Nous avons remarqué une nette augmentation du nombre de personnes qui choisissent la maison ou le centre de naissance plutôt que l’hôpital. Le taux prévu d’accouchement à l’extérieur d’un hôpital a à peu près doublé.»

Mme Tecson ne doute pas que cet intérêt grandissant est lié aux craintes soulevées par la COVID-19. Une pointe a été remarquée chez les femmes nouvellement enceintes et chez celles dont la grossesse est à un stade avancé.

Mme Shaw note aussi qu’elle craignait recevoir peu de soutien à l’hôpital, étant donné les restrictions en cours. En mettant son bébé au monde chez elle, son mari, sa doula et les sages-femmes ont pu l’aider. La naissance s’est déroulée dans des conditions «idéales», juge-t-elle.

Les femmes qui choisissent la voie des sages-femmes ne veulent pas non plus aller chez le médecin ou à l’hôpital pour recevoir des soins prénataux et postnataux ou subir les tests de routines, dit Mme Tecson. Les nouvelles mamans sont particulièrement réticentes à s’aventurer dans le grand monde de la COVID-19 avec un nouveau-né.

«Selon la perception des femmes, on n’a pas à sortir de chez soi, surtout avec un tout nouveau bébé, elles préfèrent clairement ne pas le faire», ajoute-t-elle.

Mme Shaw partage cette opinion. La venue de sage-femmes chez elle avant et après la naissance de bébé George a été un grand boni pour elle.

On ignore encore les effets de la COVID-19 sur les naissances: baby-boom ou effondrement de la natalité ? La chaîne de pharmacies Pharmaprix dit que les ventes de kits de test de grossesse à domicile ont augmenté, mais n’a pas donné de plus amples renseignements.

Selon Mme Tecson, le taux de grossesse ne semble pas avoir varié.

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