Les déficits seront moins importants que prévu par le gouvernement, dit le DPB

OTTAWA – Le bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) anticipe que les déficits fédéraux pour les cinq prochaines années ne seront pas aussi importants que ceux indiqués dans les projections d’Ottawa.

Un nouveau rapport de l’organisme de surveillance du budget, dévoilé mardi, contredit aussi l’estimation d’Ottawa, qui prévoit que les livres publics seront dans le rouge en 2015-16.

L’analyse établit qu’Ottawa aura un surplus de 700 millions $ en 2015-16, contrairement au déficit projeté de 5,4 milliards $ indiqué dans le budget fédéral du mois dernier.

De façon globale, le rapport affirme que les livres du fédéral sont en voie d’ajouter un total de 90,8 milliards $ à la dette publique au cours des cinq prochaines années — moins que la projection fédérale de 113,2 milliards $ pour la même période.

Le DPB s’attend à ce qu’Ottawa ait un déficit de 20,5 milliards $ cette année, ce qui est 8,9 milliards $ de moins que la prédiction du gouvernement libéral, qui se situe à 29,4 milliards $.

Les libéraux ont été accusés d’avoir délibérément réduit les attentes dans leurs prédictions budgétaires en incluant des facteurs d’ajustements de risque de 6 milliards $ par année, ce qui est plus important qu’à l’habitude.

Cette façon de procéder, disent les critiques, permettrait au gouvernement de dépasser les attentes au bout du compte.

Le ministre des Finances Bill Morneau a fait valoir que faire preuve d’encore plus de prudence dans le budget est nécessaire parce que les prédictions ont souvent été incorrectes dans le passé.

Le rapport du DPB soulève encore plus de questions au sujet du besoin du gouvernement d’avoir un coussin aussi confortable pour ses projections.

«La prédiction du DPB au sujet de l’équilibre budgétaire est de 4,5 milliards $ de plus que le budget 2016, en moyenne, pour cette période», est-il écrit dans le document.

Le bureau du DPB s’attend à ce que le ratio dette-PIB commence à baisser en 2017-18, ce qui indique, selon lui, que la structure fiscale est viable à long terme.

Le bureau a aussi projeté que le produit intérieur brut (PIB) réel — une mesure fréquente de croissance économique — augmentera de 1,8 pour cent cette année, de 2,5 pour cent en 2017 et en moyenne de 1,6 pour cent entre 2018 et 2020.

Par comparaison, le budget fédéral a prédit que le PIB réel augmenterait de 1,4 pour cent en 2016 et de 2,2 pour cent en 2017 — des chiffres basés sur des moyennes des prédictions du secteur privé.

La semaine dernière, la Banque du Canada a prévu que le PIB réel augmenterait de 1,7 pour cent en 2016, en hausse de sa prédiction de janvier de 1,4 pour cent. La banque centrale a déclaré que la prédiction plus positive était due en partie aux mesures fiscales de plusieurs milliards $ annoncées par Ottawa pour de grands projets, notamment en infrastructure.

Même avec les dépenses supplémentaires du gouvernement, la banque centrale a réduit sa projection de croissance de 2017 de 2,4 pour cent à 2,3. Et cela, parce qu’elle ne s’attend pas à ce que les exportations autres que celles du secteur des ressources soient aussi robustes que prévu antérieurement en raison de l’augmentation récente de la valeur du dollar.

Plus tôt ce mois-ci, le bureau du DPB a déclaré que le budget fédéral était moins transparent que ceux du gouvernement conservateur précédent.