Les demandes de réfugiés ukrainiens continuent d’affluer en grand nombre

OTTAWA — Les Ukrainiens continuent de présenter massivement des demandes en vertu de l’Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU), huit mois après le lancement du programme qui se veut une voie d’accès rapide à une résidence temporaire de trois ans au Canada pour ces personnes ayant fui la guerre.

Ce sont approximativement 14 000 demandes qui sont déposées chaque semaine, a noté jeudi l’ambassadrice du Canada en Ukraine, Larisa Galadza, lors d’une comparution devant le comité sénatorial des affaires étrangères. Selon elle, le programme et le nombre de demandeurs sont «sans précédent».

Les données publiées par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) révèlent qu’Ottawa a reçu entre le 17 mars et le 8 novembre environ 676 000 demandes, dont près de 379 000 ont été approuvées.

Ce ne sont toutefois qu’environ 80 000 à 90 000 personnes qui sont arrivées au pays, a indiqué l’ambassadrice, ajoutant que le gouvernement ignore le nombre d’Ukrainiens qui viendront au Canada en vertu du programme et le nombre de ceux qui voudront s’installer au pays de façon permanente.

Le sénateur Michael MacDonald, de la Nouvelle-Écosse, lui a alors demandé quels sont les obstacles auxquels font face les centaines de milliers d’Ukrainiens dont la demande a été approuvée et qui ne sont toujours pas venus.

«Certains peuvent faire face à des obstacles à quitter, a-t-elle répondu. Les hommes en âge de combattre, en vertu de la loi martiale, n’ont pas le droit de quitter, mais ils pourraient avoir présenté une demande et obtenu un visa dans l’espoir qu’ils pourront à un moment donné pouvoir quitter.»

Sa «théorie personnelle» est que c’est pour bien des Ukrainiens «un plan B, une police d’assurance» que d’avoir en poche ce visa de trois ans «au cas où» ils en ont besoin. Les Ukrainiens perçoivent d’ailleurs le Canada comme un pays «convivial», a-t-elle noté. Le pays compte d’ailleurs la plus grande population d’origine ukrainienne au monde après l’Ukraine et la Russie.

Le gouvernement de Justin Trudeau s’était initialement engagé à traiter en 14 jours «les cas réguliers et non complexes» avec l’AVUCU.

Dès le lancement du programme, à la mi-mars, tous les principaux partis d’opposition à la Chambre des communes ont réclamé des allégements à la paperasserie pour les Ukrainiens fuyant la guerre. Les exigences de visa qui demeurent en vertu de l’AVUCU, en plus de l’obligation de fournir des données biométriques, ont été largement critiquées.

Ottawa avait également promis des options de vols nolisés pour tous ceux dont le dossier a été approuvé dans le cadre de l’AVUCU. Seuls trois vols ont finalement été effectués, transportant approximativement 900 ressortissants.

Le gouvernement avait ensuite annoncé une initiative visant à financer, au moyen d’une collecte de fonds en points et en argent, le transport de 10 000 Ukrainiens souhaitant gagner le Canada, mais La Presse Canadienne a révélé en août qu’à peine 800 billets avaient été distribués.

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