Les démocrates comptent accroître leur emprise sur la Chambre des représentants

WASHINGTON — Républicains et démocrates se disputaient mardi le contrôle de la Chambre des représentants, perdant certains sièges, mais en prenant aussi d’autres à leurs adversaires.

La démocrate Debbie Mucarsel-Powell a été battue par le maire du comté de Miami-Dade, Carlos Gimenez, dans le sud de la Floride. Ailleurs dans cet État, la républicaine Maria Elvira Salazar a détrôné la démocrate Donna Shalala.

En Caroline du Nord, l’avocate démocrate Deborah Ross a remporté la victoire. Les démocrates devraient capturer un autre siège dans cet État.

Dans le nord-ouest de la Géorgie, la républicaine Marjorie Taylor Greene, qui adhère à la théorie du complot QAnon, a remporté la victoire. Mme Greene, qualifiée de «future étoile républicaine» par le président Donald Trump, a dénoncé une «invasion islamique» du gouvernement et a exprimé d’autres positions racistes. Mme Greene a depuis tenté de se distancer de QAnon.

Ailleurs, la vedette démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a été réélue dans son district de la ville de New York. Le démocrate James Clyburn, en Caroline du Sud, et la républicaine Liz Cheney, dans le Wyoming, ont remporté des victoires faciles.

Les démocrates espèrent mardi s’assurer le contrôle de la Chambre des représentants pour deux années de plus tandis qu’ils misent sur l’attention qu’ils accordent aux soins de santé, une campagne de financement concluante et une indignation largement répandue dans les banlieues contre le président Donald Trump pour élargir encore plus leur majorité à la Chambre.

Une quinzaine d’élus des deux partis ont été réélus dans des districts où ils n’étaient pas vraiment en danger, au moment où les bureaux de scrutin fermaient leurs portes dans l’est du pays et dans le Midwest. Les courses en Géorgie, en Virginie, dans l’Ohio et en Caroline du Nord demeuraient serrées.

Les républicains souhaitent évincer certains des 29 démocrates dans des districts remportés par M. Trump en 2016, principalement des nouveaux venus, dans des endroits comme l’Iowa, Oklahoma City, Salt Lake City, le Nouveau-Mexique rural, le nord de l’État de New York et la Virginie.

Mais presque tous les démocrates sortants dans les districts potentiellement vulnérables ont dépensé plus que leurs adversaires du Parti républicain, souvent par de grandes marges. Les démocrates ont aussi investi des millions dans des sièges détenus par les républicains dans certains secteurs d’Atlanta, de Cincinnati, de Dallas, de Houston et d’Indianapolis, et même dans des bastions du «GOP» comme Little Rock, dans l’Arkansas, l’ouest du Colorado et l’Alaska.

Des représentants des deux partis ont convenu que le «GOP» avait surtout une approche défensive et serait plutôt chanceux s’il parvenait à limiter les gains démocrates à une poignée de sièges. Les démocrates contrôlent la Chambre avec 232 sièges contre 97, avec cinq sièges vacants et un indépendant. Il faut 218 sièges pour s’assurer une majorité à la Chambre.

«Les chiffres pour le président (Trump) ont un peu baissé dans les districts qu’il a gagnés avec une avance à deux chiffres, il n’a pas un rendement à ce niveau à certains endroits, et cela fait en sorte de tirer un peu vers le bas», a affirmé la stratège républicaine Liesl Hickey.

Si le démocrate Joe Biden devait avoir le dessus sur M. Trump et que les démocrates remportaient la majorité au Sénat, le parti contrôlerait pleinement la Maison-Blanche et le Congrès pour la deuxième fois seulement depuis 1995. La dernière fois, c’était en 2009 et 2010, lorsque les démocrates ont été simultanément en contrôle de la présidence, du Sénat et de la Chambre au début de la présidence de Barack Obama.

Une plus grande majorité démocrate permettrait à la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, de faire adopter les priorités du parti, dont l’expansion de la couverture des soins de santé et la création d’emplois avec de nouveaux projets d’infrastructure. Après deux années comme l’une des voix les plus efficaces de son parti contre M. Trump, Mme Pelosi, âgée de 80 ans, devrait presque certainement servir deux ans de plus à la tête de la Chambre.

Lors d’une conférence téléphonique le jour du scrutin avec des journalistes, Mme Pelosi a déclaré qu’elle était «absolument certaine» que les démocrates maintiendraient une emprise solide sur la Chambre. La présidente du comité de campagne démocrate du Congrès, la représentante Cheri Bustos, a évoqué des courses importantes dans des districts à tendance républicaine en Arkansas, en Virginie, à Long Island et en Indiana.

«Nous allons voir des victoires dans ces districts profondément rouges», a-t-elle prédit.

Une poignée de progressistes au franc-parler issus de districts démocrates sûrs de New York et d’ailleurs sont assurés de gagner leurs élections, ce qui rend probable des confrontations sur la manière de poursuivre un programme progressiste de manière énergique. Tout de même, il semble probable que les modérés seront en plus grand nombre.

Pour les républicains, le fait de ne pas progresser de manière importante vers la reprise de la Chambre — sans parler de la perte de sièges — déclencherait un examen de conscience. Une question majeure serait de savoir comment regagner les électeurs de banlieue qui ont fui le «GOP» en grand nombre, principalement en réaction à l’attitude de M. Trump à l’égard du racisme, à son recours fréquent aux propos mensongers et à ses politiques d’immigration que de nombreux modérés considèrent comme sévères.

La pandémie de coronavirus, qui a tué plus de 230 000 Américains et s’aggrave dans presque tous les États, n’a fait qu’amplifier l’attention des démocrates sur les soins de santé. Les déclarations mensongères répétées de M. Trump minimisant la gravité du virus ont également donné de l’élan aux démocrates.

«Cela a poussé le combat sur le champ de bataille des soins de santé, et c’est un endroit formidable pour nous», a déclaré le consultant démocrate Ian Russell.

Les élections à la Chambre de cette année devraient coûter un montant record de 7,3 milliards $ US en dépenses par les campagnes des candidats et les groupes extérieurs, selon une évaluation du groupe non partisan Center for Responsive Politics. À la mi-octobre, les campagnes des candidats avaient à elles seules rapporté 1,7 milliard $, un autre record.

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