Les démocrates élisent une fois de plus Nancy Pelosi pour diriger la Chambre

WASHINGTON — Les démocrates de la Chambre des représentants ont nommé mercredi Nancy Pelosi à la présidence, pour diriger une majorité plus petite et idéologiquement divisée en vue de la nouvelle ère Biden.

Les démocrates ont voté oralement pour réélire Mme Pelosi pour un mandat de deux ans. Les représentants étaient dispersés partout au pays pour cette première élection virtuelle, en raison de la pandémie.

Le leader de la majorité à la Chambre, Steny Hoyer et le whip de la majorité, Jim Clyburn, l’élu afro-américain le plus haut gradé du Congrès, ont été réélus à leurs postes, comme Mme Pelosi, sans opposition. M. Clyburn a relancé la candidature vacillante de Joe Biden à l’investiture démocrate, cette année, en l’aidant à remporter la primaire de la Caroline du Sud, un tournant dans la campagne Biden.

«Le thème, je pense, de ce que nous ferons prochainement doit être la justice», a déclaré Mme Pelosi à ses collègues après le vote, selon une transcription fournie par son bureau.

Elle leur a aussi demandé d’écouter respectueusement les électeurs et les autres représentants, ajoutant que Joe Biden «est un unificateur, ce qui rendra cela plus facile pour nous».

Toute la Chambre des représentants élira formellement la nouvelle présidente lorsque le Congrès reprendra ses travaux en janvier, peu de temps avant l’investiture de Joe Biden le 20 janvier. MM. Hoyer et Clyburn ont des postes qui n’ont pas besoin de l’approbation de la Chambre.

Mme Pelosi a été largement saluée par les démocrates en tant qu’une des principales bêtes noires du président sortant Donald Trump dans les débats sur la destitution, l’immigration et les soins de santé.

Mais bien que certains votes soient toujours en train d’être dépouillés, dix démocrates sortants de la Chambre ont été défaits, affectant le moral des troupes. Le parti était en voie d’obtenir une majorité de 222 contre 213, l’une des plus courtes dans l’histoire.

Ce résultat a suscité la division, certains progressistes se plaignant que le parti n’ait pas réussi à rejoindre les minorités et les jeunes. Des élus plus modérés disent avoir été affectés par les propositions trop à gauche, dont le définancement de la police.

Hormis l’amertume face à leur revers électoral, de nombreux démocrates continuent de prôner un nouveau leadership. Mme Pelosi et M. Hoyer sont en poste depuis 2003, tandis que M. Clyburn est numéro trois de la Chambre depuis 2007. Mme Pelosi a 80 ans, M. Hoyer en a 81.

La réélection de Nancy Pelosi lui permettra de diriger la Chambre pour une septième et une huitième année. Elle a été présidente dans les années 2000, jusqu’à ce que les républicains réussissent à remporter la majorité des sièges en 2010, lors de la montée du Tea Party, un mouvement conservateur qui a présagé l’ère Trump.

Un démocrate conservateur qui s’est opposé à Mme Pelosi auparavant s’attendait à sa réélection et avait dit qu’il pourrait l’appuyer.

«Je crois qu’elle comprend, a indiqué Kurt Schrader, un représentant de l’Oregon. Elle est peut-être un rempart contre l’extrême gauche.»

M. Schrader a avancé que les progressistes de l’extrême gauche ont été «toxiques pour la marque» démocrate en prônant des politiques qui, selon lui, coûtent des emplois. «Nous ne pouvons pas continuer à parler avec condescendance aux gens et à ne parler que de politique identitaire», a-t-il soutenu.

Lorsque la Chambre élira son nouveau président, Mme Pelosi aura besoin de la majorité des voix exprimées par les deux partis. Puisque presque tous les républicains devraient soutenir leur candidat, le représentant Kevin McCarthy, Mme Pelosi ne peut pas se permettre de perdre l’appui de plusieurs démocrates.

Lorsque Nancy Pelosi a obtenu le soutien dont elle avait besoin pour devenir présidente en 2018, elle disait avoir accepté une proposition la limitant à occuper ce poste uniquement jusqu’en 2022. Plusieurs élus et employés estiment que les souvenirs de cet engagement pourraient atténuer son opposition cette fois.

En 2018, 32 démocrates avaient voté contre Mme Pelosi. Mais le parti disposait alors d’une plus grande majorité, ce qui offrait un peu plus de marge de manoeuvre à la présidente.

Lorsque toute la Chambre l’avait élue en janvier 2019, elle avait réussi à dissiper l’opposition contre elle, et seulement 13 démocrates avaient voté contre elle ou s’étaient abstenus.

Sur les 13 démocrates qui se sont opposés à Mme Pelosi en 2019, deux ont été vaincus et l’un d’entre eux, le représentant Jeff Van Drew du New Jersey, est devenu républicain. Cela laisse dix démocrates qui ont voté contre elle, bien que l’un d’entre eux, Anthony Brindisi, pourrait encore perdre son élection.

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