Les démocrates évitent une défaite écrasante aux élections de mi-mandat

WASHINGTON — C’est une défaite qui ressemble à une victoire pour les démocrates, qui pourraient avoir limité l’hémorragie lors des élections de mi-mandat de mardi aux États-Unis.

Le président Joe Biden passait des appels téléphoniques et envoyait des textos de félicitations à un certain nombre de vainqueurs démocrates et de meneurs, mercredi, avant une conférence de presse dans l’après-midi. Une tournée de la victoire que peu de gens auraient prédite 24 heures plus tôt.

«C’est notre état d’esprit, à nous autres (démocrates): des gens ordinaires qui accomplissent des choses extraordinaires tout en faisant face à des obstacles apparemment insurmontables», a déclaré la gouverneure du Michigan Gretchen Whitmer, réélue mardi.

Les chances que les démocrates sortent victorieux de ces élections de mi-mandat n’étaient pas exactement nulles, mais certainement très minces, étant donné l’impopularité de M. Biden et l’incertitude économique que des électeurs imputaient aux démocrates. 

La victoire de Mme Whitmer au Michigan a été l’un des rares résultats qui auront un impact direct sur le Canada: cette démocrate et fidèle alliée de M. Biden a été – et restera – le moteur des efforts pour forcer la fermeture de la canalisation 5 du pipeline transfrontalier d’Enbridge. 

Mme Whitmer a battu de justesse la républicaine Tudor Dixon, issue de l’industrie sidérurgique et devenue commentatrice conservatrice, appuyée par Donald Trump, qui a tenté d’utiliser la défense du pipeline canadien contre sa rivale démocrate.

Même le premier ministre Justin Trudeau, «l’écologiste le plus radical du monde entier», s’oppose à la fermeture du pipeline, a lancé Mme Dixon lors de son débat avec Mme Whitmer le mois dernier.

Occasions ratées pour le GOP

Mais on ne savait toujours pas à midi mercredi comment l’équilibre des pouvoirs au Congrès allait bouger. La plupart des experts politiques s’entendaient par contre pour dire que les républicains avaient gaspillé mardi une occasion en or.

«C’est presque inexplicable que les républicains n’aient pas fait mieux, à l’exception peut-être d’un mot: Trump», a déclaré Mac McCorkle, professeur de politique publique à l’Université Duke de Durham, en Caroline du Nord.

En effet, un certain nombre de candidats au Sénat soutenus par M. Trump dans les principaux États clés ont été battus, notamment en Pennsylvanie, où le docteur Mehmet Oz, personnalité de la télévision, a concédé sa défaite à John Fetterman, lieutenant-gouverneur de l’État.

Au Wisconsin, il a fallu attendre mercredi en milieu d’après-midi pour que le sénateur républicain Ron Johnson soit déclaré vainqueur, devançant Mandela Barnes, un autre lieutenant-gouverneur, par moins de 30 000 voix.

Cela a laissé le «GOP» à seulement deux sièges d’arracher aux démocrates le contrôle du Sénat américain, avec seulement le Nevada, l’Arizona et la Géorgie encore dans la balance.

Dans ce dernier cas, cela prendra du temps. L’ancienne vedette,  controversée, le footballeur Herschel Walker, un ami proche de M. Trump, suit de très près le sénateur sortant Raphael Warnock. Mais le meneur démocrate, avec 49,4 % des voix, n’a pas réussi à obtenir la majorité simple de 50 %, ce qui obligera un second tour le 6 décembre. Le républicain a obtenu 48,5 % des voix.

Mais peut-être que la pire nouvelle de toutes pour M. Trump aura été dans son État bien-aimé de Floride, où le gouverneur Ron DeSantis a devancé de 20 points son rival démocrate Charlie Crist – une belle plate-forme pour lancer sa candidature éventuelle à la nomination républicaine pour les présidentielles de 2024, contre M. Trump, peut-être.

Allégations de fraudes 

En tout, 506 courses au poste de gouverneur, à la Chambre et au Sénat se déroulaient mardi.

En Arizona, l’ancienne présentatrice de nouvelles Kari Lake, qui s’est fortement appuyée sur la «marque Trump» de politique de terre brûlée et de dénigrement des médias, s’est emparée des informations faisant état de machines à voter défectueuses pour ressusciter le spectre d’une fraude électorale non fondée.

Les responsables électoraux de l’État ont insisté sur le fait que les problèmes techniques, qui affectaient environ 20 % des machines du très peuplé comté de Maricopa, ne faisaient que retarder le processus de dépouillement et n’empêchaient personne de voter.

Mais cela n’a pas empêché Mme Lake de s’acharner sur le processus. Mercredi après-midi, après le dépouillement des deux tiers des boîtes de scrutin, elle tirait de l’arrière de moins d’un point de pourcentage. 

Si les républicains prennent le contrôle de la Chambre, le leader présumé de la majorité, Kevin McCarthy, présidera un caucus plus petit qu’il n’aurait pu l’espérer, donnant un piédestal plus haut à certains des éléments les plus extrémistes du parti.

Cela compliquera certainement la vie au Congrès, où les républicains ont déjà promis de rendre les choses aussi difficiles pour M. Biden au cours des deux prochaines années que les démocrates l’ont fait pour M. Trump.

Et cette perception d’embouteillage et de chaos pourrait, en fin de compte, être la partie des élections de mi-mandat qui a le plus d’impact sur le Canada, a déclaré Eric Miller, président du Rideau Potomac Strategy Group, de Washington.

«Même si l’éruption n’est pas aussi importante qu’on le pensait, vous avez maintenant une situation où les commentaires sans fin ne feront que s’amplifier au Canada – par rapport à la façon dont les États-Unis se dirigent vers la dissolution, ou une guerre civile, et qu’on ne peut pas leur faire confiance», a-t-il indiqué.

«Le système commence à ne pas fonctionner comme il le devrait, il n’y a aucune capacité à traiter les problèmes d’ensemble, il n’y a aucune capacité à poursuivre des relations bilatérales sérieuses.»

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