Les dépenses électorales de 2020 vont totaliser 11 milliards, un record absolu

WASHINGTON — Près de 11 milliards de dollars seront dépensés par les candidats à la présidence et au Congrès des États-Unis au cours du cycle électoral de 2020, une somme colossale qui dépassera de loin tous les records précédents.

C’est la projection contenue dans un nouveau rapport publié cette semaine par le Center for Responsive Politics, un groupe non partisan établi à Washington qui suit l’argent qui circule dans le système politique américain.

Les dépenses projetées par les candidats à la présidence, au Sénat et à la Chambre des représentants, ainsi que par les comités d’action politique et les «super comités d’action politique», dépassent de plus de 50 % ce qui a été dépensé lors des élections de 2016. Le total dépasse également celui de 2012, le cycle électoral le plus cher à ce jour à 7,1 milliards de dollars après ajustement pour tenir compte de l’inflation, selon l’analyse du groupe.

Environ 7,2 milliards de dollars ont déjà été dépensés depuis le début de la campagne. Mais cette somme est sur le point d’augmenter considérablement, lorsque les candidats à la Chambre et au Sénat et les comités qui les soutiennent feront le compte-rendu de leurs dépenses pour le dernier trimestre, le 15 octobre.

Et même si tous les candidats aux élections fédérales ne dépensaient plus rien à partir de maintenant, ce scrutin serait toujours le plus coûteux de l’histoire des États-Unis.

«Les élections de 2018 ont battu les records de collecte de fonds pour les élections de mi-mandat, et 2020 va absolument écraser tout ce que nous avons vu — ou imaginé — auparavant», a déclaré Sheila Krumholz, directrice du Center for Responsive Politics. «C’est déjà l’élection présidentielle la plus chère de l’histoire, et il reste encore des mois de dépenses électorales à compiler. La question sans réponse est de savoir si ce sera la nouvelle norme pour les futures élections.»

Des dépenses illimitées

Ces dépenses tous azimuts témoignent des changements ordonnés par les tribunaux dans la loi sur le financement des campagnes, qui ont commencé il y a dix ans avec l’arrêt historique de la Cour suprême connue sous le nom de «Citizens United». Cet arrêt, ainsi que d’autres décisions judiciaires ultérieures, a ouvert la voie à des dépenses illimitées de la part de groupes indépendants des candidats. Cela a permis à de riches citoyens, à des entreprises et à des syndicats d’injecter des sommes d’argent illimitées dans le système politique.

Dans le même temps, la législation a supprimé les plafonds de dons individuels aux partis politiques, qui peuvent maintenant accepter des contributions de plusieurs dizaines de milliers de dollars venant de riches donateurs.

Le président Donald Trump a déjà dépensé plus d’un milliard de dollars amassés grâce à ses efforts de collecte de fonds avec le Comité national républicain. Le candidat démocrate Joe Biden a dépensé beaucoup moins, mais il est sur le point d’augmenter ses dépenses dans les dernières semaines de la campagne, après avoir collecté plus de 600 millions de dollars au cours des deux derniers mois.

La primaire démocrate de cette année a également attiré deux candidats milliardaires qui ont contribué à faire augmenter le total des dépenses. L’ancien maire de New York Michael Bloomberg a perdu plus d’un milliard de dollars dans sa campagne de quelques mois, tandis que l’homme d’affaires californien Tom Steyer a dépensé plus de 345 millions de dollars dans sa brève participation à la course.

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