Pierre Karl Péladeau démissionne comme chef du PQ et comme député

MONTRÉAL – Moins d’un an après avoir été couronné à la tête du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau a causé la surprise, lundi, en quittant la vie politique pour des raisons familiales.

Retenant ses larmes et avec des trémolos dans la voix, le chef péquiste a dit que devant «l’absence d’alternative», il a dû faire un «choix déchirant» entre sa famille et son «projet politique partagé par tant de citoyens».

«J’ai choisi ma famille, a-t-il dit au cours d’une courte allocution dans une salle de la permanence du PQ, à Montréal. Je prends cette décision pour le bien de mes enfants. Je dois demeurer un exemple pour eux.»

La démission de M. Péladeau, qui laisse également son siège de député de Saint-Jérôme, a pris de court les députés du PQ. Ceux-ci ont appris la nouvelle lors d’une réunion téléphonique quelques minutes seulement avant l’annonce officielle.

À l’arrière de la salle, visiblement ébranlé par la nouvelle, le leader parlementaire et député Bernard Drainville écoutait attentivement le discours de celui derrière lequel il s’était rangé lors de la course à la direction.

Cette décision survient au lendemain de la diffusion à l’émission «Tout le monde en parle» d’une entrevue de son ex-conjointe Julie Snyder, avec qui des procédures ont été entamées. Revenant sur sa séparation avec M. Péladeau, près de six mois après leur mariage médiatisé, l’animatrice avait dit être en médiation pour le bien-être de ses enfants.

Réitérant qu’il aimait «profondément» le PQ, M. Péladeau s’est félicité du travail accompli depuis qu’il a pris les rênes du parti, le 15 mai 2015. Il a souligné au passage que les bases de la convergence des forces nationalistes et souverainistes avaient été jetées.

«C’est un chantier important, je fais confiance aux militants pour le continuer, a-t-il lancé. Nous avons ensemble travaillé sans relâche pour la défense des intérêts de la population. Nous avons fait des avancées importantes, nous avons fait reculer le gouvernement.»

À un peu plus de deux ans du prochain scrutin provincial, non seulement la formation souverainiste se retrouve sans chef, mais elle devra vraisemblablement revivre une autre course à la direction.

D’ici là, un caucus des députés aura lieu d’ici la fin de la semaine à Québec, au cours duquel les membres devraient choisir leur chef intérimaire, une suggestion qui sera ensuite soumise à l’exécutif national du PQ.

Les membres de l’exécutif du parti se réuniront également d’ici vendredi afin de discuter des suites de la démission de M. Péladeau, notamment l’éventualité d’une course à la direction.

L’actionnaire de contrôle de Québecor (TSX:QBR.B) n’a pas indiqué s’il comptait réintégrer les rangs du conglomérat qu’il a dirigé jusqu’en 2013.

Par voie de communiqué, l’entreprise a dit prendre acte de la décision de M. Péladeau de se consacrer à sa famille en lui témoignant son «amitié» et «soutien» dans les circonstances.

«En tout respect pour M. Péladeau, la société n’entend pas faire d’autres commentaires publics sur le sujet», précise Québecor.

Avant de se lancer en politique, il avait notamment présidé le conseil d’administration d’Hydro-Québec, sans toucher de salaire, nommé par celle qui était alors première ministre péquiste, Pauline Marois.

Élu député aux élections générales du 7 avril 2014, M. Péladeau avait succédé à Mme Marois comme chef du PQ en remportant dès le premier tour de scrutin la course à la direction, avec 57,6 pour cent des voix.

Sous sa gouverne, le PQ a surtout stagné dans les intentions de vote, ayant de la difficulté à combler l’écart avec le Parti libéral du Québec, qui, malgré les controverses, demeure en tête des sondages.

Un récent coup de sonde mené par CROP indiquait que le parti souverainiste récoltait 26 pour cent d’appuis, tout juste devant la Coalition avenir Québec, au troisième rang, avec 25 pour cent.

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OUF! La démocratie qui reprend ses droits.

PKP magnat de presse était un imposteur en politique.

Il a pris la bonne décision.

Je suis contente pour les journalistes de Québecor.. ce ne devait pas être facile pour eux d’exercer leur métier.. Ils retrouvent par cette démission leur libre arbitre.

1ier mai 2016

Onde de choc

Quel coup de théâtre aujourd’hui que l’annonce de la démission immédiate et sans lendemain du chef du parti Québécois Pierre-Karl Péladeau. Comment ne pas lier cette terrible annonce avec la présence de Julie Snider à tout le monde en parle. J’ai écouté avec estime, attention et admiration la déclaration d’amour que Julie Snider a faite hier à l’émission fétiche des Québécois «Mes repères, mes frontières, mon pays, c’était Pierre Karl». En même temps je comprends monsieur Péladeau car il a choisit de retourner à ses valeurs premières soit sa famille.

Les chefs passent mais le parti reste et le parti Québécois est habitué à traversé des crises voir même devenu leur spécialité. Toutefois celle-ci frappe en pleine face et à deux ans des prochaines élections. Oui le PQ s’en remettra mais les séquelles seront difficile à soignées rapidement.

Les plus hypocrites se diront estomaqué, ébahi mais n’ont pas arrêtés de l’attaqué publiquement depuis son élection sur son entreprise Québécor

Monsieur Péladeau essayait de rassembler les forces souverainistes autour de notre objectif de faire du Québec un pays indépendant. D’ailleurs la création de l’institut sur la souveraineté en était la preuve.

À l’exemple de bien des gens, l’arrivée en politique de PKP m’avait beaucoup surpris (renoncer à une vaste entreprise pour intégrer l’un des partis politiques les plus difficiles à diriger) et, maintenant, son départ m’étonne tout autant. Somme toute, PKP n’aura fait que passer dans le paysage politique québécois, comme une étoile filante. Ne serait-ce que par curiosité, j’aurais aimé voir de quel bois il se serait chauffé au cours de la prochaine campagne électorale.

C’est donc dire que, pour le PQ, il y aura une énième course au leadership. À cet égard, deux candidats sortent du lot, selon moi : ou bien Jean-François Lisée (qui avait justement évoqué la nécessité pour le PQ de vivre son « moment PKP »), ou bien Alexandre Cloutier (l’un des meilleurs politiciens de sa génération). La suite des choses s’annonce captivante.