Les députés tiennent un débat d’urgence sur le climat et la catastrophe en C-B

OTTAWA — Les députés fédéraux étaient réunis en débat d’urgence, mercredi soir à la Chambre des communes, alors que des régions de la Colombie-Britannique ont été dévastées par des inondations et des coulées de boue, faisant au moins quatre morts et ravageant le réseau routier. 

Lors des échanges, il a notamment été question du manque de préparation du pays pour affronter les conséquences des changements climatiques.

Le premier ministre Justin Trudeau a profité du débat pour rassurer une fois de plus les Britanno-Colombiens que le gouvernement fédéral va les appuyer et les aider à reconstruire les infrastructures affectées. Il a rappelé que plus de 500 militaires des Forces armées canadiennes ont déjà été déployés, effectuant notamment des vols de reconnaissance à bord d’hélicoptères au-dessus des endroits endommagés par les inondations pour aider leurs partenaires qui gèrent les urgences.

Il a aussi profité de l’occasion pour souligner l’importance d’avoir une approche plus agressive pour faire face aux changements climatiques.  

«Nous savons qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé», a-t-il dit, faisant aussi référence à la sécheresse et aux feux de forêt qui ont ravagé cette même province durant la période estivale.

M. Trudeau a aussi noté que la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve-et-Labrador sont aussi touchées présentement par des inondations en raison de pluies diluviennes.

«Si la dernière année nous a démontré une chose, c’est que les impacts des changements climatiques se manifestent plus tôt que prévu et ils ont un effet dévastateur», a affirmé M. Trudeau.

Il s’est engagé à ce que son gouvernement prenne des mesures pour réduire les gaz à effet de serre (GES) au Canada et s’adapte aux impacts des changements climatiques grâce à sa Stratégie nationale d’adaptation.

Le gouvernement fédéral a déjà annoncé des «investissements records» pour aider à reconstruire les infrastructures endommagées. Le premier ministre a promis d’augmenter l’aide aux municipalités dévastées grâce au Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes.

Le ministre de la Protection civile, Bill Blair, a maintes fois répété qu’il faudra «de nouveaux investissements significatifs» pour prévenir de tels désastres dans le futur.

La députée du Parti vert de l’île de Vancouver Elizabeth May a pour sa part indiqué que la ferme à son mari servait en ce moment d’abri pour des «réfugiés climatiques» pour la deuxième fois cette année.

Elle a reproché aux pays, dont le Canada, de ne pas avoir mis de l’avant les actions nécessaires pour limiter le réchauffement de la planète.

«L’enjeu n’est pas le phénomène météo, mais si l’humanité pourra survivre», a-t-elle affirmé devant ses collègues aux Communes.

Elle a notamment appelé le gouvernement fédéral à annuler le projet d’expansion du pipeline de TransMountain et à réaffecter les travailleurs à la reconstruction des communautés dévastées par des phénomènes météo extrêmes et à l’élaboration de nouvelles infrastructures plus robustes pour y faire face à l’avenir.

Le conservateur Ed Fast, dont la circonscription d’Abbotsford a été durement affectée, voulait limiter les discussions aux événements qui secouent sa province, mais lui aussi a reconnu «que le temps presse».

«Il est évident que ces catastrophes vont devenir de plus en plus fréquentes», a-t-il affirmé.

Le député conservateur a d’ailleurs reproché aux gouvernements canadiens et américains de n’avoir rien fait pour prévenir les inondations à Abbotsford alors qu’ils connaissaient les risques.

Les conservateurs, les libéraux et les néo-démocrates avaient réclamé ce débat d’urgence, ce qui était appuyé du Bloc québécois.

Une rivière atmosphérique a laissé tomber 300 mm de pluie sur une partie du sud de la Colombie-Britannique, il y a une dizaine de jours, provoquant des inondations et des coulées de boue meurtrières, faisant au moins quatre victimes et ravageant le réseau routier…coupant même la région de Vancouver du reste du pays.

Des routes et des ponts ont été emportés et des centres de traitements des eaux ont été endommagés, forçant des milliers de personnes à fuir leur résidence.

Mardi dernier, à l’autre extrémité du pays, la Nouvelle-Écosse déclarait à son tour l’état d’urgence alors que de grandes quantités de pluies provoquaient aussi des inondations détruisant des routes et des ponts sur la côte est.

À Terre-Neuve-et-Labrador, la ville de Channel-Port aux Basques s’est retrouvée coupée du reste de la province alors que des tronçons de l’autoroute Transcanadienne ont été emporté tout comme la seule autre route secondaire.

Dans le discours du Trône de mardi, on indiquait que la Stratégie nationale d’adaptation devait être complétée d’ici la fin de 2022.

La Fédération canadienne des municipalités et le Bureau d’assurance du Canada avaient indiqué dans une étude en 2019 que les coûts pour faire face aux conséquences des changements climatiques coûteraient au moins 5,3 milliards de dollars pour les divers paliers de gouvernement annuellement.

Le Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes s’est vu octroyer 3,4 milliards $ pour aider les provinces à s’adapter aux changements climatiques au cours des 10-12 prochaines années.

D’autres fonds ont été promis pour aider à la lutte contre les feux de forêt et pour mettre à jour les cartes de zones inondables.

La présidente de la Fédération et mairesse de la ville ontarienne de Strathroy-Caradoc, Joanne Vanderheyden, a réclamé durant la campagne électorale que les partis s’engagent à investir 2 milliards $ de plus au Fonds d’atténuation et d’adaptation en matière de catastrophes au cours des trois prochaines années et au moins un milliard $ de plus annuellement par la suite.

Aucun des partis politiques fédéraux ne s’est engagé en ce sens durant la campagne électorale, a-t-elle souligné, mais avec les effets dévastateurs aux deux extrémités du pays, il n’a jamais été aussi évident qu’une action importante est nécessaire, a laissé tomber Mme Vanderheyden.

«Nous pouvons le faire», a-t-elle dit, et «n doit agir maintenant».

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