Les destinations soleil suspendues dès dimanche et jusqu’au 30 avril

OTTAWA, Ohio — Après avoir laissé durer le suspense pendant plusieurs jours, Ottawa a annoncé vendredi de nouvelles mesures visant à décourager les voyages internationaux non essentiels. 

Le gouvernement fédéral s’est entendu avec les quatre principaux transporteurs aériens au pays afin de suspendre les vols vers les Caraïbes et le Mexique, destinations soleil prisées par les Canadiens, pendant trois mois. 

Cette suspension sera effective du 31 janvier au 30 avril. 

«Air Canada, WestJet, Sunwing et Air Transat ont accepté de faire partie de la solution pour protéger la santé et la sécurité des Canadiens et, pour ça, on les remercie profondément», a pris soin de souligner le ministre Dominic LeBlanc, vendredi. 

À compter du 3 février, tous les voyageurs qui reviennent au Canada par avion seront redirigés vers les quatre plus grands aéroports au pays – Montréal, Toronto, Vancouver ou Calgary. 

En plus du test de dépistage négatif requis avant le départ, ils seront soumis à un test obligatoire à leur arrivée à l’aéroport. Les voyageurs devront rester dans un hôtel supervisé, à leurs frais, en attendant le résultat du second test. Le séjour pourrait durer trois jours et le coût osciller autour de 2000 $. 

Le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, a expliqué que les contribuables n’ont pas à payer «un seul sou» pour ceux qui décident de voyager à l’étranger malgré tous les avis contraires de la santé publique. Les 2000 $ viendraient donc couvrir la chambre d’hôtel pour trois jours, le salaire des employés chargés de surveiller la quarantaine et le coût du test de dépistage, entre autres. 

L’entrée en vigueur de cette nouvelle procédure reste encore à être déterminée. 

Si le test de dépistage est négatif, le premier ministre Justin Trudeau dit que les voyageurs pourront terminer leur quarantaine à la maison avec des «mesures de surveillance accrues». Le gouvernement fédéral s’est tourné vers des firmes de sécurité privées pour faire des appels et des suivis, a-t-il dit. 

Ceux qui reçoivent un test positif termineront leur quarantaine dans un centre choisi par la santé publique dans des lieux qui restent à déterminer. 

Tous les voyageurs, qu’ils soient en quarantaine à la maison ou dans un centre spécial, seront soumis à un troisième test de dépistage, 10 jours après être revenus au pays. L’administratrice en chef de la santé publique du Canada, Dre Theresa Tam, dit que le cycle d’isolement de 14 jours sera à recommencer si ce test est positif.

Réactions 

À la suite des mesures annoncées par le gouvernement fédéral, Air Transat a fait part de la suspension de toutes ses activités du 29 janvier au 30 avril.

Air Canada a indiqué, par voie de communiqué, que tous les clients dont le voyage à destination des Caraïbes ou du Mexique a été annulé auront droit à un remboursement complet «étant donné que les services sont suspendus sans possibilité de solutions de rechange». 

WestJet a déclaré qu’il «avisera ses invités qui ont réservé un voyage pendant la période touchée des options qui s’offrent à eux».

Les transporteurs aériens auront la responsabilité de rapatrier tous les Canadiens qui se trouvent dans des destinations soleil qu’ils desservent. 

Les nouvelles mesures fédérales ont également suscité des sentiments contradictoires chez les politiciens provinciaux, qui les réclamaient depuis belle lurette. 

«Malheureusement ces nouvelles mesures ne seront pas complètement en place avant quelques semaines. C’est trop tard», a déploré le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, lors d’une conférence de presse vendredi. 

L’Ontario ira donc de l’avant avec le dépistage obligatoire à l’arrivée des voyageurs à l’aéroport Pearson, à Toronto, à compter de lundi. 

À Québec, où on ne s’était pas gêné pour critiquer les délais du gouvernement fédéral, le ton est plus enjoué. 

«Je remercie le premier ministre Justin Trudeau pour les mesures qu’il a annoncées concernant les voyages à l’étranger. Je lui offre toute la collaboration du gouvernement du Québec», a écrit le premier ministre du Québec, François Legault, sur son compte Twitter.

La réaction était tout autre du côté du Bloc québécois. 

«C’est trop peu et trop tard pour Justin Trudeau, encore une fois. (…) Il a attendu que le variant britannique du virus soit implanté au Canada avant de surveiller adéquatement les quarantaines. Il est toujours un coup en retard», a critiqué le député Xavier Barsalou‑Duval.

Vaccins

Après les délais de Pfizer, voilà que la compagnie pharmaceutique Moderna a averti plusieurs pays, dont le Canada, d’une baisse d’environ 20 % de sa production. Le Canada recevra 180 000 doses, soit 78 % du nombre prévu, lors de sa livraison de la semaine prochaine. 

Moderna livre ses doses toutes les trois semaines. M. Trudeau a soutenu que la situation allait revenir à la normale pour la prochaine livraison, à la fin février. 

«On va être de retour à la normale pour les prochains envois et évidemment on va quand même pouvoir atteindre nos cibles, pour la fin mars, de vaccination de doses de Moderna. Les gens peuvent être rassurés qu’on est encore (…) en voie de recevoir les doses promises sur l’échéancier promis», a-t-il soutenu. 

Il y a cependant une lueur d’espoir. Santé Canada pourrait bientôt autoriser le vaccin fabriqué par AstraZeneca et l’Université d’Oxford.

Dans une déclaration diffusée vendredi, Santé Canada a indiqué qu’il termine actuellement son examen scientifique et prévoit prendre une décision par rapport au vaccin d’AstraZeneca «au cours des prochains jours». 

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