Les dirigeants de Forage Orbit Garant se votent une réduction salariale de 15%

VAL D’OR, Qc — Forage Orbit Garant, de Val-d’Or, présentait ce matin les résultats financiers de son troisième trimestre de 2020. Mais ce qui a retenu l’attention, c’est que les membres de son comité de direction se sont imposé une baisse de 15% de leurs salaires depuis le 1er avril.

Malgré un ralentissement important de ses activités en raison de la COVID-19 et de la fin de plusieurs contrats importants au cours du troisième trimestre de 2020, Forage Orbit Garant, l’une des plus importantes compagnies dans son domaine au Canada, est optimiste quant à la reprise de ses activités.

«Nous avons dû mettre à pied plusieurs employés à cause de la cessation de nos activités un peu partout au Canada et sur la planète, explique le président et chef de la direction, Éric Alexandre. Nous demeurons optimistes de voir nos clients reprendre leurs activités dans un avenir rapproché, mais nos façons de faire devront changer en raison de la pandémie.»

Quelques chiffres

Avec des activités brusquement stoppées par le Coronavirus, Orbit Garant a vu ses bénéfices chuter de «seulement» 3,8% pour la période se terminant le 31 mars 2020. En plus de la COVID-19, l’entreprise basée à Val-d’Or a dû faire face à des problèmes de sécurité à l’étranger, notamment au Burkina Faso et au Ghana. Pendant ce temps, au Chili, des manifestations civiles ont ralenti, voire retardé certaines activités. Les contrats de forage à l’étranger ont chuté de 12,4M$ en 2019 à 7,3M$ cette année.

«Nous avons (…) entrepris plusieurs initiatives pour réduire les coûts et gérer notre position de liquidité pendant la période actuelle de réduction des activités de forage, a indiqué M. Alexandre lors d’une présentation téléphonique ce matin. Il s’agit notamment d’une réduction importante des dépenses en capital, d’une baisse des achats d’articles en stock et d’un programme visant à réduire progressivement les niveaux globaux des stocks. Il est important de noter que nous avons mis en œuvre ces mesures sans affecter notre capacité à accélérer nos activités à mesure que les conditions du marché s’améliorent. » La baisse de salaire des cadres de la direction fait d’ailleurs partie de ces mesures.

L’or, le nerf de la guerre

L’entreprise de forage compte sur les mines d’or pour renflouer ses finances. «70% de nos clients au Canada sont dans le domaine aurifère, rappelle Alain Laplante, vice-président et chef de la direction financière. En Abitibi, notamment, les minières ont bien hâte de reprendre leurs activités, puisque les cours de l’or remontent actuellement. Cependant, tout comme nous, elles font face à de grands défis dans leur volonté de reprendre leurs activités.

Les employés qui sont demeurés actifs ont dû, de leur côté, s’adapter à de nouvelles façons de faire sur les différents sites où ils travaillent. «On doit faire du cas par cas, indique Éric Alexandre. Quant à nous, il est encore trop tôt pour savoir quel type de mesures nous allons prendre pour assurer la santé et la sécurité de nos travailleurs. En fait, comme les sites sont plutôt isolés, nos grands défis seront du point de vue transport.» Alain Laplante, lui, ne croit pas que les coûts accrus causés par la COVID-19 vont affecter de façon significative les résultats financiers de l’entreprise. «Nous avons dû faire face à des situations bien pires par le passé, et on a toujours réussi à s’adapter», dit-il.

De bonnes nouvelles malgré tout

Forage Orbit Garant a tout de même reçu quelques bonnes nouvelles, et d’autres sont à venir. «Nous avons réussi à obtenir un allègement de certains de nos créanciers, et d’autres institutions, notamment au Chili, se sont dites disposées à nous laisser souffler un peu, affirme Éric Alexandre. Ces accords de financement avec nos prêteurs vont nous donner une flexibilité accrue. De plus, nous pensons pouvoir profiter de la subvention salariale en cas d’urgence du gouvernement canadien, à la hauteur d’un million et demi de dollars. Cela nous permettra d’être bien préparés quand viendra le temps de réembaucher notre personnel.»

Texte de l’initiative de journalisme local

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