Les données d’hospitalisation plus importantes que le nombre de cas

VICTORIA — Les scientifiques qui suivent la croissance des pandémies affirment que certaines données fournies par des responsables de la santé publique en disent plus sur la propagation du nouveau coronavirus que d’autres.

Daniel Coombs affirme que le nombre de personnes admises dans les hôpitaux lui indique où en est la propagation de la COVID-19 dans une communauté, une province ou à travers le pays.

Le professeur de mathématiques de l’Institut de mathématiques appliquées de l’Université de la Colombie-Britannique estime que cette donnée est celle qui indique le mieux la situation au quotidien.

Le nombre de nouveaux tests positifs et de guérisons est moins important, a avancé M. Coombs, qui a également mené des recherches sur les efforts de prévention des surdoses pendant l’épidémie de surdose d’opioïdes illicites en Colombie-Britannique.

«De toutes les statistiques publiées, je mettrais probablement le moins de poids sur le taux de guérison», a-t-il déclaré lors d’une récente entrevue. «Les chiffres auxquels je prête vraiment attention en ce moment sont le nombre de personnes hospitalisées, le nombre de personnes dans les unités de soins intensifs et le nombre de décès.»

Il a déclaré que les personnes hospitalisées représentent un nombre définitif de patients qui ont contracté la COVID-19, ajoutant que les chiffres associés aux tests ne sont pas aussi significatifs, car il y a plus de variables impliquées.

Le professeur Junling Ma, du département de mathématiques et de statistiques de l’Université de Victoria, a déclaré que les données de guérison sont probablement considérées réconfortantes par le public, mais les scientifiques se penchent sur des données différentes.

Le professeur Ma, qui étudie la propagation des maladies infectieuses dans les populations, a indiqué que le bilan quotidien des nouveaux cas fournit des informations, mais qu’elles ne sont pas à jour.

«Les chiffres en ce moment ne sont pas tout à fait liés aux nouveaux cas d’aujourd’hui», a expliqué M. Ma, ajoutant que les mises à jour quotidiennes des cas proviennent de personnes infectées deux semaines plus tôt.

Les responsables de la santé publique de l’Ontario ont signalé lundi un total de 4347 cas et ajouté 13 décès pour un total de 132. La province comptait 589 personnes à l’hôpital.

Le Québec a rapporté 8580 cas confirmés, 121 décès et 533 hospitalisations.

La Colombie-Britannique a répertorié 1266 cas confirmés, 140 personnes hospitalisées et 39 décès.

Une vingtaine de personnes sont décédées en Alberta, qui compte 1348 cas confirmés.

Dans l’ensemble, le Canada avait 16 666 cas de COVID-19 signalés lundi, avec un peu plus de 3600 cas répertoriés comme des guérisons.

MM. Ma et Coombs ont déclaré que le chiffre des personnes répertoriées comme infectées par la COVID-19 n’est pas aussi utile que certains autres chiffres, car tout le monde n’est pas testé. Mais les données d’hospitalisation fournissent des chiffres réels, ont-ils expliqué.

Ces derniers jours, le nombre de gens qui reçoivent des soins hospitaliers en Colombie-Britannique n’a pas bondi, ce qui indique que les mesures d’isolement volontaire et de distanciation physique de la province ralentissent possiblement la propagation de la COVID-19, a indiqué M. Coombs.

«Ce que nous craignons, c’est de voir une croissance exponentielle de tout ce qui touche à la maladie dans la province», a-t-il déclaré. «Je pense que l’hospitalisation et le nombre de gens aux soins intensifs sont des informations très importantes qui seront peut-être ignorées par tout le monde si on se concentre sur le nombre de nouveaux cas.»

La Dre Bonnie Henry, médecin hygiéniste en chef de la Colombie-Britannique, a attribué la chance et les leçons apprises d’autres provinces pour les premières mesures restrictives qui semblent avoir contribué à ralentir la propagation de la COVID-19 dans la communauté.

La Colombie-Britannique a appris du Québec et de l’Ontario, où la relâche scolaire a commencé plus tôt et où des voyageurs ont ramené la maladie sans le savoir.