Les électeurs canadiens choisissent la stabilité en période de pandémie

EDMONTON — La réélection, lundi, d’un autre premier ministre sortant lors de la troisième récente élection provinciale au pays montre que les Canadiens préfèrent la stabilité politique en période de pandémie, selon des experts.

Les citoyens de la Saskatchewan, de la Colombie-Britannique et du Nouveau-Brunswick ont tous été appelés aux urnes au cours des deux derniers mois, et dans les trois cas, les partis au pouvoir ont été réélus. La Colombie-Britannique et le Nouveau-Brunswick sont même passés de gouvernements minoritaires à majoritaires.

Bien que chaque élection ait connu ses spécificités provinciales, les votes se sont déroulés dans des provinces qui ont connu un certain succès dans le contrôle de la COVID-19, soulignent trois professeurs. Les électeurs ont peut-être été satisfaits de la façon dont leurs dirigeants ont géré la crise sanitaire et ont voulu continuer dans la même direction.

«Il est difficile de savoir ce que les électeurs avaient en tête mais, s’il y a eu une volonté collective, cela semble certainement indiquer que (…) la stabilité est ce qu’ils voulaient», affirme Donald Wright, professeur de science politique à l’Université du Nouveau-Brunswick.

«Les Canadiens peuvent regarder la catastrophe qui se déroule aux États-Unis et être reconnaissants d’avoir de bons gouvernements à Ottawa et dans les capitales provinciales.»

Les progressistes-conservateurs du Nouveau-Brunswick ont été réélus dans un gouvernement majoritaire en septembre. Le déclenchement d’élections anticipées par le premier ministre Blaine Higgs a fait de la province la première à organiser un scrutin depuis le début de la pandémie.

Un scénario similaire s’est déroulé en Colombie-Britannique, où le Nouveau Parti démocratique du premier ministre John Horgan a obtenu suffisamment de sièges samedi pour former un gouvernement majoritaire.

«Je peux dire qu’en Colombie-Britannique, une grande partie de la dynamique était que les gens pensaient que ce gouvernement (a fait) relativement bien (avec la COVID-19) et craignaient par conséquent que tout changement de gouvernement puisse déstabiliser cela», analyse Max Cameron, professeur au département de science politique de l’Université de la Colombie-Britannique.

«Je pense que cela a produit ce désir de ne pas faire basculer le bateau à ce moment particulier, donc d’une manière ironique, on pourrait dire que l’expérience de gouverner en minorité a en fait catapulté le gouvernement vers une majorité.»

Un quatrième mandat consécutif

L’électorat de la Saskatchewan a probablement été traversé d’un sentiment similaire lundi, croit Gerald Baier, professeur agrégé de sciences politiques à l’Université de la Colombie-Britannique. Le chef du Parti saskatchewanais, Scott Moe, a remporté un gouvernement majoritaire, le quatrième d’affilée pour le parti.

M. Moe et son adversaire, le chef néo-démocrate Ryan Meili, avaient des stratégies bien différentes pour guider la province à travers la pandémie.

M. Meili a promis des millions de dollars de dépenses supplémentaires pour les écoles et pour embaucher plus d’agents de santé de première ligne. M. Moe a promis d’équilibrer les comptes d’ici l’exercice 2024-2025, tout en maintenant l’économie en marche et en créant des emplois grâce à des incitatifs fiscaux.

«(Si) les gens sont satisfaits du travail que le gouvernement a fait pendant la pandémie, ils sont beaucoup plus susceptibles de dire: « Ce n’est pas le moment de changer »», souligne M. Baier.

«Ils sont beaucoup plus susceptibles de dire: « Ce n’est pas le moment de céder le volant à un nouveau conducteur », et je pense que c’est quelque chose qui explique une partie de la dynamique en Saskatchewan.»

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Cet article a été produit avec l’aide financière des Bourses Facebook et La Presse Canadienne pour les nouvelles.

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