Les électeurs du Michigan appelés à se prononcer par référendum sur l’avortement

LANSING, Mich. — Ce sont les électeurs du Michigan qui auront le dernier mot pour déterminer si le droit à l’avortement doit être inclus dans la constitution de l’État, a tranché jeudi la Cour suprême de l’État. Cette décision tombe la veille de la date butoir pour compléter les bulletins de vote en vue des élections de mi-mandat en novembre.

Si les électeurs votent en faveur des amendements proposés, le 8 novembre prochain, le droit à l’avortement serait garanti dans la constitution de l’État. Une loi datant de 1931 considère toute interruption de grossesse comme un acte criminel, mais cette loi a été suspendue en mai dernier et un juge l’a carrément rejetée la semaine suivante en la déclarant inconstitutionnelle.

Bien que des procédures d’appel sont attendues dans cette affaire, la loi serait tout simplement rendue caduque si les électeurs approuvent les amendements soumis par référendum.

Au-delà de cette question sur le bulletin de vote, les implications politiques sont plus vastes.

Les démocrates affirment que la décision de la Cour suprême des États-Unis d’invalider l’arrêt Roe c. Wade a eu pour effet de mobiliser les électeurs et que cela va favoriser leurs candidats cet automne dans les courses aux postes de procureur général, de secrétaire d’État et de gouverneur.

À titre d’exemple, le parti met de l’avant le cas de l’État conservateur du Kansas, où les électeurs ont voté en forte majorité contre une mesure qui aurait permis à la chambre contrôlée par les républicains de restreindre fortement l’accès à l’avortement, voire même l’interdire complètement.

Au Michigan, le comité en charge de l’organisation des élections s’est retrouvé dans une impasse avec un vote de deux démocrates contre deux républicains au sujet de l’ajout de la question de l’avortement sur le bulletin de vote. Les républicains s’y opposaient alors que les démocrates le réclamaient.

Des partisans en faveur du référendum ont soumis plus de 700 000 signatures pour que la question soit ajoutée. Un nombre qui dépasse largement le seuil requis, mais les républicains ont plaidé que la pétition contenait des erreurs de typographie dans son libellé, ce qui aurait pu confondre certains signataires selon eux.

«Quel triste exemple de notre époque», a déclaré la juge en chef Bridget McCormack dans un bref commentaire accompagnant la décision de la Cour suprême rendue à cinq contre deux.

La juge McCormack a renchéri en disant qu’il n’y «avait aucun doute» que tous les mots étaient lisibles et inscrits dans le bon ordre.

Elle en a ajouté en accusant les membres républicains du comité de chercher à «désavouer des millions de citoyens du Michigan, pas parce qu’ils croient que des milliers de citoyens du Michigan qui ont signé la pétition étaient confus, mais parce qu’ils pensent avoir trouvé une technicalité leur permettant de le faire».

Le tribunal a ordonné au comité de se réunir à nouveau vendredi et de ratifier l’ajout de la question sur le bulletin de vote de novembre.

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