Les élus de Montréal se prononcent sur l’interdiction de nouveaux pitbulls

MONTRÉAL – La Ville de Montréal pourrait adopter, mardi, un nouveau règlement sur le contrôle des animaux qui vise à resserrer l’encadrement des chiens considérés dangereux.

Les élus qui ont entamé la séance du conseil municipal lundi devraient se prononcer au cours de la journée, mardi, sur le projet de règlement élaboré par le parti du maire de Montréal, Denis Coderre, majoritaire à la table du conseil.

Il existait déjà un cadre réglementaire sur les animaux, mais la Ville affirme que les «récents événements impliquant des attaques de chiens de type pitbull l’ont amenée à réviser son règlement afin d’accroître la sécurité publique».

Le 8 juin, Christiane Vadenais, du quartier Pointe-aux-Trembles, avait été mordue à mort par un chien soupçonné d’être un pitbull, dans la cour arrière de sa maison. L’agression avait aussi amené le gouvernement provincial à former un comité chargé de lui soumettre des recommandations.

Le nouveau règlement de la Ville sera uniforme pour tous les arrondissements et prévoit l’interdiction d’acquérir un pitbull.

Les Montréalais qui possèdent déjà un pitbull devront être âgés d’au moins 18 ans, faire preuve d’un casier criminel sans antécédent violent et demander un permis spécial de garde d’ici le 31 décembre 2016, faute de quoi ils devront se départir de leur chien à partir du 1er janvier 2017.

Les propriétaires de pitbulls devront veiller à ce que leur chien porte leur médaille et une muselière en tout temps sur la place publique.

Les chiens devront aussi être stérilisés, vaccinés contre la rage et avoir une micropuce.

Ces chiens devront être tenus au moyen d’une laisse d’une longueur maximale de 1,25 m, sauf dans les aires d’exercice canin ou dans un endroit fermé par une clôture d’une hauteur minimale de deux mètres.

Des opposants au règlement municipal étaient rassemblés devant l’hôtel de ville, lundi soir, pour manifester leur désaccord.

Les défenseurs du pitbull sont outrés du projet de règlement et maintiennent que l’idée de cibler un type de chien en particulier n’est pas efficace pour réduire les morsures de chien.

Ils avancent qu’il faudrait plutôt miser sur une meilleure éducation et des sanctions plus sévères pour les propriétaires de chiens irresponsables.

La Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux de Montréal (SPCA) a déjà déclaré qu’elle arrêterait de fournir des services canins à la Ville si l’interdiction était adoptée.

«Nous n’allons pas participer à l’euthanasie de milliers de chiens en santé, a récemment dit le directeur général de la SPCA, Benoit Tremblay. C’est contre nos valeurs.»

Le nouveau règlement présenté par la Ville de Montréal spécifie qu’un chien qui a causé la mort d’une personne ou d’un animal fera l’objet d’un ordre d’euthanasie. Des amendes plus importantes en cas d’infraction, telle une morsure, sont aussi prévues (de 500 $ à 750 $ pour une première offense).

En dépit des critiques, le maire Denis Coderre a continué de défendre l’interdiction, affirmant que la mesure est désignée pour améliorer la sécurité publique.

D’autres villes, incluant la Ville de Québec, ont annoncé ou discuté d’une interdiction des pitbulls sur leur territoire.

L’Ontario a banni ce type de chien en 2005. Les pitbulls sont aussi interdits dans d’autres municipalités canadiennes, incluant Winnipeg.

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