Les élus fédéraux suspendent leurs travaux en espérant n’y revenir que le 25 janvier

OTTAWA — En milieu d’après-midi, vendredi, les élus fédéraux se sont souhaité «joyeux Noël et bonne année» et ont mis la clé dans la porte jusqu’à la fin du mois de janvier.

Aux dernières minutes de leurs travaux parlementaires, ils ont débattu d’une motion qui ferait de mars, le mois du patrimoine irlandais. La légèreté du sujet contrastait avec une année des plus difficiles.

Tellement lourde, l’année parlementaire 2020, que les partis politiques fédéraux qui, d’habitude, sont friands d’offrir des bilans de leurs exploits en fin d’année, ne se sont pas manifestés.

La pandémie a, comme partout ailleurs, tout compliqué. 

Il a fallu des semaines avant de s’entendre sur la manière – hybride – de siéger et de continuer, ainsi, à régler les affaires de l’État, sans risquer de propager davantage le coronavirus.

La Chambre a donc été plutôt dégarnie depuis le printemps, les séances étant majoritairement suivies par visioconférence. 

Les votes sur les projets de loi sont devenus des exercices techniques longs et compliqués. Ils ont permis de découvrir quelles régions du pays ont les liens internet les plus fragiles, et d’admirer, ou pas, les décors bien personnels chez les députés.

Jeudi, le bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe a voté les deux pieds dans la neige de son Lac-Saint-Jean.

«Hey! Il est dehors!», s’est amusé son collègue Stéphane Bergeron qui, ayant oublié de fermer son micro, a offert sa surprise à l’écran, le lien Zoom affichant l’image de celui qui parle.

Si, au printemps, le choc de l’arrivée de la COVID-19 a poussé les politiciens vers plus de consensus que d’habitude, à l’automne, le naturel partisan était de retour.

Dernier exemple du genre: le débat sur le projet de loi qui modifie l’aide médicale à mourir. Les conservateurs ont retenu C-7 aux Communes jusqu’à cette semaine. Le Sénat doit maintenant en disposer avant le 18 décembre, s’il veut respecter l’échéance fixée par la juge Christine Baudouin.

Et si les sénateurs amendent C-7, le ministre fédéral de la Justice était prêt à couper court au congé de fin d’année de ses collègues et de demander un rappel de la Chambre des communes pour adopter à nouveau le projet de loi.

Un rappel pour une courte séance ou pour un autre long débat?

«Nous traverserons le pont lorsque nous serons à la rivière», a répondu le ministre David Lametti, jeudi soir.

Mais en fin de journée vendredi, préférant ne pas prendre le risque, le ministre Lametti a demandé à la Cour supérieure du Québec un nouveau délai avant que n’entre en vigueur la décision de la juge Baudouin. Sa requête repousserait au 26 février l’échéance du 18 décembre. Si le tribunal québécois accepte, les élus auront leurs six semaines de congé.

Leur retour au travail parlementaire, toutefois, risque aussi d’être compliqué. Leur entente pour des réunions hybrides a pris fin vendredi et on ne sait pas encore quelle forme prendra la Chambre en 2021.

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