Les élus ontariens changent de ton après les élections fédérales

TORONTO — Les élus ontariens se sont montrés inhabituellement dociles lors de la rentrée parlementaire, lundi, à l’issue d’une pause estivale prolongée et d’une campagne électorale fédérale plutôt conflictuelle.

Aucune ovation interminable et aucun chahut de part et d’autre de la chambre n’est venu troubler la reprise des travaux, contrairement aux séances tumultueuses du printemps dernier.

Le ton du gouvernement semble s’être remis à zéro après la plus longue interruption de ses travaux depuis près d’un quart de siècle. La session d’automne s’ouvre normalement au début du mois de septembre, mais la chambre a cette fois pris une pause de cinq mois, ne siégeant pas durant la campagne électorale fédérale.

Le premier ministre Doug Ford lancé lundi un appel à l’unité dans la province, mais aussi à travers le Canada.

«Je n’ai jamais vu le pays aussi divisé», a-t-il déclaré.

Doug Ford a tenu dimanche une rencontre impromptue avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, et il s’est entretenu par téléphone avec le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe. Il dit avoir également discuté avec ses homologues du Québec et de l’Alberta, François Legault et Jason Kenney.

«Nous ressentons tous la même chose, a affirmé M. Ford lundi. Nous devons unir ce pays parce que ce qui est bon pour le Canada l’est aussi pour l’Ontario.»

Le leader parlementaire du gouvernement, Paul Calandra, estime que les récentes élections ont contribué au comportement plus civil des élus.

«Je pense que nous avons examiné le ton de la dernière campagne fédérale, nous avons entendu ce que les gens avaient à dire à ce sujet et je pense qu’il y a un effort des deux côtés pour se montrer à la hauteur de ce que les Ontariens et les Canadiens en général nous ont demandé de faire: travailler un peu mieux ensemble», a-t-il exposé.

Cela dit, les ovations ne seront pas interdites pour autant, précise M. Calandra, qui dit ne pas vouloir «évacuer la passion» de la chambre.

Avant la période de questions lundi, le chef libéral par intérim, John Fraser, a souligné que les changements qu’il souhaite réellement se situent plutôt sur le plan des priorités du gouvernement progressiste-conservateur.

«Le nouveau ton ne remplacera pas toutes ces choses dont dépendent les familles ontariennes, ces choses qui ont été perdues dans la dernière année», a-t-il fait valoir, en évoquant les coupes du gouvernement Ford, dans le personnel enseignant, entre autres.

Même son de cloche du côté de la chef néo-démocrate, Andrea Horwath.

«Lorsque les Ontariens verront leurs hôpitaux financés adéquatement, leurs foyers de soins de longue durée financés adéquatement, leurs enfants obtenir ce dont ils ont besoin pour décrocher leur diplôme, c’est à ce moment-là que les Ontariens et les Ontariennes se montreront contents», a-t-elle avancé.

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