Les élus québécois sont ouverts, contrairement à ce que dit un maire albertain

QUÉBEC — Les élus du Québec sont ouverts à évaluer un projet de pipeline, contrairement à ce que dénonce un maire albertain qui les traite de bornés mal informés.

Le préfet de la MRC Argenteuil et maire du canton de Gore, Scott Pearce, s’est ainsi insurgé, vendredi, contre les déclarations incendiaires du maire de Medicine Hat en Alberta, Ted Clugston, qui a décidé de boycotter le congrès annuel en cours de la Fédération canadienne des municipalités (FCM) parce qu’il se déroule à Québec.

Dans une entrevue avec La Presse canadienne diffusée jeudi, M. Clugstone a dit qu’il ne servait à rien de discuter avec les élus québécois qui bloquent les projets d’oléoduc — donc des débouchés à l’exportation — et font de la désinformation depuis plus de 40 ans, parce qu’ils sont «ignorants».

«Je n’écouterai pas le seul imbécile qui a le comportement d’un enfant», a répliqué M. Pearce, vendredi après-midi, en marge du congrès de la FCM, en faisant remarquer que 369 autres élus de l’Alberta avaient décidé de participer aux assises. M. Pearce est vice-président du caucus du Québec à la FCM et membre du conseil d’administration de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

C’est un «comportement inacceptable», a-t-il poursuivi, en plaidant qu’il ne faut pas agir de façon «émotionnelle» en cherchant la chicane dans le dossier du transport des hydrocarbures.

«Je ne veux pas nuire aux Albertains», a assuré M. Pearce: si un nouveau projet d’oléoduc est sur la table, il se dit prêt à l’examiner, et d’autres élus municipaux du Québec sont aussi ouverts, a-t-il évoqué, mais sous condition.

«Je suis assez ouvert, qu’on propose un projet et on va le regarder. (…) Si on veut être sérieux, on peut écouter ce qu’il (le promoteur) propose. Cependant, de seulement dire non à tout, je pense qu’on ne peut pas faire ça comme ça, il faut être ouvert à des idées.»

On vit dans un monde où les hydrocarbures sont encore nécessaires actuellement, a-t-il argué, et le transport ferroviaire n’est pas l’idéal, parce qu’un train est un «pipeline qui roule à 100 kilomètres-heure».

«Il n’y a pas de solution magique», a laissé entendre le maire de Gore. Cependant, si des entreprises veulent faire passer une canalisation, il y aura des conditions et les Québécois ont le droit d’être exigeants, a-t-il insisté.

Il faut des redevances pour toutes les municipalités où le pipeline passe, il faut une évaluation en bonne et due forme du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), même si le projet relève de l’Office national de l’énergie (ONE) fédéral, et il faut de l’acceptabilité sociale, a énoncé le préfet de la MRC Argenteuil.

Par exemple, une canalisation à double coque, même si elle coûte plus cher, rassurerait les Québécois, a-t-il indiqué. 

Le défunt projet Énergie Est de TransCanada demeure pour le maire de Gore un cauchemar, un exemple à ne pas suivre: manque de consultations et malhonnêteté de l’entreprise, estime M. Pearce.

«Proposez-nous quelque chose de plus intelligent», a conclu le maire et préfet.

Le congrès de la FCM rassemble pas moins de 2000 conseillers et maires, issus des 2000 municipalités membres, jusqu’à dimanche au Centre des congrès de Québec. Plusieurs élus arboraient vendredi un t-shirt sur lequel figurait l’inscription «support our energy» (appuyons notre énergie), une campagne visant à appuyer «l’industrie canadienne» de l’énergie.

«L’industrie de l’énergie ne se limite pas qu’au pétrole, au gaz et aux pipelines», fait-on valoir.

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