Les émeutes postélectorales en Indonésie ont fait six morts

JAKARTA, Indonésie — Le président indonésien a assuré que la situation dans la capitale était sous contrôle, après la mort de six personnes mercredi dans les émeutes provoquées par des partisans de son rival défait à l’élection présidentielle du mois dernier.

Les affrontements ont commencé mardi soir, lorsque des partisans de l’ancien général Prabowo Subianto ont tenté de s’introduire de force dans les locaux de la commission électorale. Les violences se sont poursuivies jusqu’à mercredi soir. Plus d’une vingtaine de véhicules ont été incendiés dans les quartiers du centre de Jakarta, où des manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov aux policiers qui ont riposté avec des gaz lacrymogènes, des canons à eau et des balles en caoutchouc.

Entouré par le chef de l’armée et d’autres hauts responsables, le président Joko Widodo, la mine sombre, a déclaré mercredi qu’il ne tolérerait «personne qui perturbe la sécurité, les processus démocratiques et l’unité» du pays.

M. Subianto, un ultranationaliste, a refusé d’accepter les résultats du scrutin du 17 avril et s’est déclaré vainqueur. La commission électorale a annoncé mardi que M. Widodo, le premier président indonésien n’étant pas issu de l’élite de Jakarta, avait recueilli 55,5 pour cent des voix, permettant à ce technocrate modéré d’obtenir un deuxième mandat à la tête du pays le plus peuplé du monde.

M. Subianto, qui appartient à une famille aisée proche de l’ancien dictateur Suharto, a également perdu face à M. Widodo en 2014. Il a tenté à quatre reprises de se faire élire à la présidence depuis la destitution de Suharto en 1998.

«Au bout du compte, les manifestants et les émeutes des dernières 24 heures représentent une petite minorité d’électeurs indonésiens», a expliqué Alexander Arifanto, expert de la politique indonésienne à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour.

«La grande majorité d’entre eux a clairement accepté les résultats des élections. En soutenant tacitement les manifestants, Prabowo a perdu toute légitimité qu’il lui restait et montre clairement ses vraies couleurs en tant que relique narcissique de l’époque de l’Ordre nouveau», a ajouté M. Arifanto, en référence à l’ère Suharto.

Le ministre des Communications a déclaré que les médias sociaux, notamment Facebook, Twitter et WhatsApp, seraient temporairement limités pour empêcher la propagation de fausses informations et de contenus incendiaires. Il a précisé que les systèmes de messagerie fonctionneraient toujours pour le texte et l’audio, mais que les photos et les vidéos seraient bloquées ou ralenties.

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