Les Émirats arabes unis nomment le président d’une entreprise pétrolière à la tête de la COP28

DUBAÏ, Émirats arabes unis — Les Émirats arabes unis ont nommé jeudi le président d’une entreprise pétrolière pour diriger les prochaines négociations des Nations Unies sur le climat à Dubaï.

Sultan al-Jaber est un confident important du dirigeant des Émirats arabes unis, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, et il est le président et directeur général de l’entreprise Abu Dhabi National Oil. La société pompe quelque quatre millions de barils de brut par jour et espère atteindre cinq millions quotidiennement.

Ces revenus alimentent les ambitions de cette fédération de sept émirats de la péninsule arabique – ainsi que la production d’une plus grande quantité de dioxyde de carbone que les négociations de l’ONU espèrent limiter.

Mais l’homme d’affaires a déjà dirigé un projet autrefois ambitieux de créer une ville «neutre en carbone» de 22 milliards $ US en périphérie d’Abou Dhabi – une ambition qui avait été freinée par la crise financière mondiale qui a durement frappé les Émirats à partir de 2008. Aujourd’hui encore, il est président de Masdar, une société d’énergie propre issue du projet qui fonctionne désormais dans plus de 40 pays.

«Le sultan al-Jaber a les références et l’expérience nécessaires pour s’appuyer sur les tendances qui sont déjà en cours», a affirmé Ryan Bohl, un analyste du Moyen-Orient établi à Austin, au Texas, pour une société de renseignement sur les risques appelée RANE Network. 

«Lui étant un pétrolier, je ne pense pas que ce sera un si gros risque pour lui.»

L’agence de presse officielle WAM des Émirats a fait cette annonce, soulignant les années d’al-Jaber en tant qu’émissaire climatique.

«Ce sera une année critique dans une décennie critique pour l’action climatique, a déclaré M. al-Jaber, cité par l’agence de presse. Les Émirats arabes unis abordent la COP28 avec un sens aigu des responsabilités et le plus haut niveau d’ambition possible».

«Nous amènerons une approche pragmatique, réaliste et axée sur les solutions qui apportera des progrès transformateurs pour le climat et pour une croissance économique à faible émission de carbone.»

Sa nomination, cependant, a suscité des critiques immédiates. Harjeet Singh, qui est à la tête de la stratégie politique mondiale au Climate Action Network International, a souligné qu’al-Jaber détenant le titre de PDG de l’entreprise pétrolière d’État pose «un conflit d’intérêts sans précédent et alarmant».

«Il ne peut y avoir de place pour les pollueurs lors d’une conférence sur le climat, et encore moins pour présider une COP», a-t-il déploré.

Alice Harrison de Global Witness l’a dit encore plus crûment: «Vous n’inviteriez pas des trafiquants d’armes à mener des pourparlers de paix. Alors pourquoi laisser les dirigeants pétroliers mener les négociations sur le climat?»

Chaque année, le pays qui accueille les négociations de l’ONU, connues sous le nom de Conférence des Parties – d’où le nom de COP – nomme une personne pour présider les pourparlers. Les hôtes choisissent généralement un diplomate chevronné, car les pourparlers peuvent être incroyablement difficiles à diriger entre les nations concurrentes et leurs intérêts. La position du candidat en tant que «président de la COP» est confirmée par les délégués au début des pourparlers, généralement sans objections.

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