Les émissions de gaz à effet de serre du Canada ont encore grimpé en 2018

OTTAWA — Les émissions canadiennes de gaz à effet de serre provenant des véhicules automobiles, de la fabrication et de la production de combustibles fossiles ont pratiquement balayé tous les progrès réalisés par le Canada dans la réduction de ses émissions de GES depuis 2005.

Le plus récent rapport d’inventaire du Canada a été déposé mercredi auprès de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. On y apprend que les émissions ont atteint 729 millions de tonnes de dioxyde de carbone et ses équivalents en 2018, une hausse de 15 millions de tonnes par rapport à 2017 — l’équivalent d’environ 3,2 millions de voitures.

En fait, les émissions en 2018 ont presque rejoint les 730 millions de tonnes émises par le Canada 13 ans plus tôt, en 2005. Or, ce chiffre de 2005 est important parce que le Canada s’est engagé à réduire ses émissions à 70 % de ce qu’elles étaient cette année-là, d’ici 2030.

Les inventaires nationaux remis à l’ONU prennent plus d’un an pour être finalisés, de sorte que les données de 2018 sont les plus à jour présentement. Plus récemment, un autre rapport fédéral suggérait l’automne dernier qu’avec ses politiques actuelles, le Canada ratait ses cibles de 77 millions de tonnes. Or, l’inventaire déposé mercredi à l’ONU est encore plus pessimiste.

Les deux tiers de la hausse de 2018 sont attribuables au transport routier ainsi qu’à l’extraction et la production de pétrole et de gaz. Ces émissions supplémentaires ont toutefois été compensées en partie par une baisse importante des émissions de centrales au charbon.

40 % plus de véhicules

Depuis 2005, le nombre total de tous les véhicules sur les routes a augmenté de 40 %, ce qui ajoute 24 millions de tonnes supplémentaires aux émissions du pays. Les émissions provenant de l’extraction de pétrole et de gaz ont quant à elle augmenté de 43 millions de tonnes au cours de cette même période.

Par contre, l’élimination du charbon comme source d’énergie en Ontario et la réduction de son utilisation dans la plupart des autres provinces ont vu les émissions de la production d’électricité chuter de 55 millions de tonnes entre 2005 et 2018, dont 8 millions de tonnes entre 2017 et 2018 seulement.

Lors de la campagne électorale fédérale de l’automne dernier, les libéraux de Justin Trudeau avaient promis non seulement d’atteindre l’objectif de 2030 déjà fixé, mais de le dépasser. M. Trudeau a ainsi promis que le Canada serait «carboneutre» d’ici 2050, ce qui signifie que les émissions encore produites peuvent être absorbées à la fois par des moyens naturels comme les forêts et par des technologies comme les systèmes de capture du carbone.

Les libéraux ont promis d’adopter des plans quinquennaux enchâssés dans une loi qui préciserait les façons d’atteindre cet objectif, mais le gouvernement n’a toujours pas déposé de projet de loi.

Le rapport d’inventaire national du Canada aux Nations unies affirme que l’économie canadienne a augmenté plus vite que les émissions, ce qui laisse entendre que certaines industries deviennent plus efficaces. Le rapport indique que les émissions produites par dollar de PIB ont chuté de 20 % de 2005 à 2018.