Les enseignants du public en Nouvelle-Écosse seront en grève vendredi

HALIFAX – Les enseignants des écoles publiques de Nouvelle-Écosse débraieront pendant une journée, vendredi, afin de protester contre la loi spéciale qui devrait décréter leurs conditions de travail pour les quatre prochaines années.

La présidente du Syndicat des enseignants de la Nouvelle-Écosse, Liette Doucet, a indiqué mercredi qu’en 122 ans d’histoire, ce syndicat n’avait jamais déclenché une telle grève générale. Cette décision historique démontre à quel point, selon elle, les enseignants sont à bout et outrés de l’intimidation pratiquée par le gouvernement libéral.

Des députés de l’opposition ont débattu toute la nuit et toute la journée à l’Assemblée législative, mercredi, dans le but de ralentir l’adoption du projet de loi spéciale qui vise à imposer une convention collective aux 9300 enseignants des écoles publiques, après 16 mois de négociations infructueuses.

Le premier ministre Stephen McNeil a expliqué mercredi que son gouvernement avait hérité d’un «baril de poudre», mais que la province ne pouvait pas vivre au-dessus de ses moyens. Il avait plaidé la veille que le gouvernement devait maintenant passer aux actes après le rejet par les enseignants de trois ententes de principe recommandées par leur exécutif syndical. La troisième entente de principe a été rejetée la semaine dernière à une majorité de 78,5 pour cent et les enseignants avaient depuis amorcé une grève du zèle.

Le nouveau contrat prévu par le projet de loi spéciale comporte une hausse de salaire de 3,0 pour cent et reprend la plupart des éléments contenus dans les deux premières ententes de principe rejetées par les enseignants. La portion salariale n’offre aucune augmentation pour les deux premières années, puis des hausses de 1,0 pour cent la troisième année et de 1,5 pour cent la quatrième, en plus d’une augmentation de 0,5 pour cent au dernier jour du contrat.

Le projet de loi prévoit par ailleurs la création d’un comité et une injection de 20 millions $ supplémentaires sur deux ans pour améliorer les conditions dans les classes. On veut aussi créer une commission de trois membres qui serait chargée d’élaborer une politique d’«éducation inclusive», en vue de la prochaine rentrée scolaire.

«Nous sommes conscients que les parents ont subi des inconvénients jusqu’ici et qu’ils en subiront encore vendredi, mais nous estimons qu’il est temps de prendre position», a expliqué Mme Doucet mercredi. «Les parents subissent aussi les inconvénients, depuis plus de deux ans, de l’inaction de ce gouvernement, qui n’a pas su répondre à leurs préoccupations sur la situation dans les salles de classe.»

Tout le processus législatif de la loi spéciale devrait prendre au moins une semaine, mais le gouvernement espérait mercredi obtenir l’appui unanime de la chambre afin d’adopter la loi spéciale avant le déclenchement de la grève vendredi. Mais cette unanimité ne semblait pas envisageable.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Gary Burrill, qui appuie le recours à la grève d’un jour, estime que le gouvernement libéral aurait dû offrir l’arbitrage pour dénouer l’impasse, plutôt que de nier le droit à la négociation des enseignants et de recourir à une loi spéciale pour leur imposer une convention collective qu’ils avaient déjà rejetée.

Le chef des progressistes-conservateurs, Jamie Baillie, aurait préféré que l’on évite le recours à la grève, mais il comprend la frustration des enseignants face à leurs conditions de travail dans les classes, et il rejette le blâme sur le premier ministre McNeil.

Les citoyens peuvent aussi se faire entendre lors des audiences de la commission parlementaire sur le projet de loi spéciale, mercredi soir et jeudi.