Les enseignants se dotent d’un fort mandat de grève illégale en Nouvelle-Écosse

HALIFAX — Les enseignants des écoles publiques de la Nouvelle-Écosse ont donné un fort mandat de «grève illégale» à leur syndicat pour protester contre la réforme de l’éducation dans la province.

Liette Doucet, présidente du Syndicat des enseignants de la Nouvelle-Écosse, a indiqué mercredi que 93 pour cent des quelque 9300 membres avaient pris part au vote la veille et que 82,5 pour cent s’étaient prononcés en faveur d’un mandat de grève illégale ou d’autres moyens de pression.

Aucune action n’est toutefois prévue dans l’immédiat, a précisé Mme Doucet.

La présidente syndicale a qualifié le scrutin de «puissant message» alors qu’elle s’adressait aux médias réunis devant le siège social de l’organisation à Halifax.

Selon elle, les enseignants sont «si inquiets pour leurs élèves et pour l’avenir du système d’éducation dans la province, qu’ils sont prêts à faire face à l’adversité dans l’espoir de faire comprendre au gouvernement que la manière d’aller de l’avant passe par la consultation».

Liette Doucet affirme que le syndicat demande d’être entendu par le premier ministre Stephen McNeil et le ministre de l’Éducation Zach Churchill avant l’adoption de toute loi sur une réforme de l’éducation.

«Aujourd’hui, plutôt que d’annoncer quand la grève aura lieu, nous invitons le gouvernement à travailler avec nous. Nous sommes prêts à tout faire pour protéger l’avenir de l’école publique en Nouvelle-Écosse», a déclaré la présidente du syndicat des enseignants.

Dans l’éventualité où une grève serait déclenchée, le syndicat s’engage à informer les parents suffisamment à l’avance pour leur permettre de trouver une solution pour la garde de leurs enfants.

Le ministre Zach Churchill a critiqué la décision du syndicat de demander un mandat de grève illégale, soutenant que cela ne serait pas dans l’intérêt des élèves.

Puisque la convention collective est toujours en vigueur, une grève générale serait illégale: le syndicat et les enseignants seraient alors passibles d’amendes importantes allant jusqu’à 300 $ par jour pour l’organisation et jusqu’à 200 $ par jour pour un membre de la direction.

Le syndicat a étonné, la semaine dernière, en demandant à ses membres de se prononcer sur des moyens de pression à exercer au moment jugé opportun. Le syndicat tente de convaincre le gouvernement de suspendre la réforme dans le secteur de l’éducation, qui prévoit notamment d’abolir les sept conseils scolaires anglophones de la province, et de créer un «collège des enseignants», qui serait chargé d’encadrer la pratique de la profession.

Le rapport d’une firme de consultants recommande aussi qu’un millier de directeurs, de directeurs adjoints et de superviseurs ne soient plus membres de l’unité d’accréditation syndicale.

Le ministre de l’Éducation a indiqué la semaine dernière que les directeurs et autres administrateurs scolaires devront choisir d’ici un an entre leur accréditation syndicale et leur poste: s’ils choisissent leur adhésion au syndicat, ils devront retourner enseigner.

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