Les épisiotomies réduiraient le risque de blessure grave

MONTRÉAL — Le nombre d’épisiotomies pratiquées lors d’un accouchement est en déclin au Canada, mais une nouvelle étude indique que l’incision chirurgicale réduit le risque de blessure grave pour la mère lorsque des forceps ou une ventouse sont utilisés.

L’étude publiée lundi par le Journal de l’Association médicale canadienne démontre que les épisiotomies peuvent réduire de 42 pour cent le risque de blessure lorsque des forceps ou une ventouse sont requis pour aider une femme à accoucher pour la première fois.

En revanche, le risque de blessure associé aux épisiotomies était plus grand lorsque des forceps ou une ventouse n’étaient pas utilisés.

L’auteure de l’étude, la boursière de recherches postdoctorales Giulia Muraca de l’Université de la Colombie-Britannique, a expliqué que les lignes directrices qui découragent le recours aux épisiotomies ont été surgénéralisées pour s’appliquer à tous les accouchements vaginaux, alors que les données démontrent qu’elles ont leur utilité lors des naissances assistées.

Une épisiotomie est une incision chirurgicale pratiquée pour agrandir l’ouverture du vagin lorsque la tête du bébé se présente. Elle vise à réduire le risque de déchirure importante, ce qui peut entraîner des séquelles graves comme des infections ou l’incontinence.

Les chercheurs ont expliqué que le risque de déchirure grave est le plus important lorsque des forceps ou une ventouse sont utilisés. Environ 18 pour cent des naissances assistées ont causé de telles blessures en 2017.

L’étude portait sur plus de 2,5 millions d’accouchements au Canada entre 2004 et 2017. Elle a constaté un déclin du recours aux épisiotomies lors d’un accouchement vaginal, que des instruments soient utilisés ou non.

Une épisiotomie a été pratiquée lors de 43,2 pour cent des naissances assistées en 2017, comparativement à 53,1 pour cent en 2004. Pour les naissances sans aide, une épisiotomie a été pratiquée dans 6,5 pour cent des cas en 2017, contre 13,5 pour cent en 2004.

Malgré tout, le nombre de blessures a bondi de 15 pour cent au Canada et dans d’autres pays industrialisés. Les chercheurs concèdent toutefois que cela est possiblement dû à une meilleure détection et à une augmentation du nombre de femmes plus âgées qui accouchent pour la première fois.

Entre 10 et 13 pour cent des accouchements pratiqués au Canada, au Royaume-Uni et en Australie entre 2015 et 2017 étaient des naissances assistées.

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