Les équipements militaires nord-américains sont vulnérables aux cyberattaques

OTTAWA — Le Canada et les États-Unis collaborent afin de mieux protéger leurs équipements militaires de haute technologie contre le piratage informatique, ont reconnu de hauts responsables de la défense, mais il y a beaucoup de travail à faire.

Ellen Lord, la sous-secrétaire américaine à la Défense responsable des achats d’armes, a laissé entendre jeudi que les responsables militaires s’étaient longtemps cachés derrière des excuses pour ne pas remédier aux problèmes de vulnérabilité de leurs équipements.

«Ce n’est plus acceptable, a déclaré Mme Lord. Nous allons commencer à ne plus utiliser ces équipements s’ils ne sont pas mis aux normes, car nous recevons chaque jour des informations, nous voyons comment nos opérations ont été compromises.»

Dans le milieu militaire, on reconnaît de plus en plus que les cyberattaques ne menacent plus seulement les réseaux informatiques, mais aussi les avions de chasse et les navires de guerre.

Un audit réalisé par l’inspecteur général du ministère américain de la Défense a révélé en 2018 que ces vulnérabilités s’étendaient aux installations américaines abritant des missiles nucléaires.

Troy Crosby, qui supervise les achats militaires au ministère de la Défense nationale du Canada, s’est lui aussi adressé aux participants de la Conférence d’Ottawa sur la sécurité et la défense. Selon lui, les responsables des deux pays sont au fait de cette menace et comptent bien y remédier.

«Nous avons maintenant une variété d’organisations qui se penchent sur la cyberassurance, a dit M. Crosby à La Presse canadienne. Nous ne voulons certainement pas acquérir de nouvelles capacités ayant des problèmes.»

Il n’a pu dire si le Canada avait inspecté son équipement de la même manière que les Américains.

M. Crosby a insisté sur le fait que les responsables évaluaient constamment les menaces; les risques sont examinés sous tous les angles.

«On y prête attention», a-t-il ajouté.

La menace posée par les cyberattaques a figuré en bonne place lors de la Conférence d’Ottawa. De nombreux officiers militaires canadiens et experts externes ont spécifiquement désigné la Russie et la Chine comme les meilleurs cyberadversaires du NORAD.

«La cybersécurité est le domaine qui a évolué le plus rapidement et qui a le plus changé au cours des deux ans et demi que j’ai occupé ce poste», a dit Mme Lord.