Les États arabes du golfe exigent que Netflix retire du «contenu offensant»

DUBAÏ, Émirats arabes unis — Les États arabes du golfe Persique ont demandé à Netflix, mardi, de retirer ce qu’ils estiment être du «contenu offensant» sur sa plateforme. Une exigence qui semble viser les séries ou les films présentant des personnages LGBTQ+.

Cette requête a été formulée dans un communiqué conjoint publié par un comité du Conseil de coopération des États arabes du Golfe. On y déclare que le contenu visé, non précisé, «contrevient aux valeurs et aux principes islamiques et sociétaux».

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont aussi publié ladite déclaration au nom de leur gouvernement. Ces deux États font partie du conseil aux côtés de Bahreïn, du Koweït, d’Oman et du Qatar.

Bien que la déclaration ne développe pas en détail sur ce qui est jugé «offensant», la télévision d’État saoudienne a diffusé une entrevue avec une femme identifiée comme une «consultante en comportement» qui a décrit Netflix comme «un promoteur officiel de l’homosexualité». Au même moment, un dessin animé montrant deux femmes qui s’embrassent apparaissait à l’écran, mais les personnages étaient brouillés.

Cette même chaîne de télévision d’État a aussi diffusé un segment où l’on déclarait que Netflix pourrait être banni du Royaume parce que son contenu était accessible aux enfants.

Établie à Los Gatos, en Californie, Netflix n’a pas répondu aux demandes pour commenter la demande de ces pays mardi.

Cette requête survient dans la foulée d’un autre geste de censure alors que les États musulmans avaient interdit la diffusion, en juin dernier, du plus récent film d’animation de Disney, «Lightyear» parce qu’il contient un bref baiser entre deux personnages féminins. À la suite de cette censure, la plateforme Disney+ a annoncé que «le contenu offert devrait être conforme aux exigences réglementaires locales» des pays arabes du golfe.

Dans certaines régions du monde arabe, les personnes LGBTQ+ font l’objet de persécutions, d’arrestations et de condamnations allant parfois jusqu’à la peine de mort.

Dans le passé, Netflix a déjà restreint l’accès à certains éléments de contenu. En 2019, des militants avaient dénoncé la plateforme pour avoir retiré un épisode de l’émission «Patriot Act», animée par l’humoriste Hasan Minhaj, où l’on critiquait le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane pour le meurtre et le démembrement du journaliste Jamal Khashoggi ainsi que pour l’implication du royaume dans la guerre au Yémen.

À l’époque, Netflix avait répondu que les épisodes avaient été retirés de l’offre dans le royaume en raison d’une requête juridique des autorités locales et non pas en raison du contenu.

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