Les États-Unis ferment des tribunaux d’immigration et reportent des audiences

WASHINGTON — Le tribunal de l’immigration de Seattle va fermer ses portes alors que les États-Unis continuent de lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus. Plusieurs autres grands tribunaux d’immigration vont reporter certaines audiences concernant des immigrants non détenus. Des audiences qui impliquent souvent de grands groupes de personnes.

Le tribunal de Seattle a déjà été temporairement fermé plus tôt cette semaine lorsqu’un cas d’exposition secondaire au virus a été rapporté. Il restera ainsi fermé jusqu’au 10 avril. La région de Seattle fait partie des plus durement touchées par la pandémie.

Vendredi, on estimait le nombre de cas de maladie à COVID-19 à environ 1700, incluant une cinquantaine de décès. Toutefois, certaines estimations chiffrent plutôt la contagion à au moins 14 000 personnes infectées.

Selon une déclaration du Bureau de révision des dossiers d’immigration, obtenue par l’Associated Press, d’autres tribunaux vont demeurer ouverts dans des régions frappées par la pandémie comme Boston, Los Angeles, New York, San Francisco, Newark et Sacramento.

Mais les dates inscrites au «calendrier principal» qui concernent des personnes qui ne sont pas détenues seront reportées. Ce genre d’audience peut inclure des dizaines de personnes rassemblées dans une seule salle de cour.

«L’agence continue d’évaluer l’évolution de la situation à l’échelle nationale et prendra des décisions pour chaque tribunal à mesure que de nouvelles informations seront disponibles», peut-on lire dans le communiqué de l’institution fédérale américaine rattachée au département de la Justice.

Il existe 68 tribunaux d’immigration dans tout le pays. Les autres établissements continuent de fonctionner comme prévu, mais la situation pourrait changer au besoin.

Les tribunaux d’immigration des États-Unis font face à un arriéré massif alors qu’un million de dossiers sont en attente. Des affaires criminelles ont aussi été reportées à travers le pays et des tribunaux d’États ont été fermés en raison de la propagation du virus.

Il n’y a eu aucun cas confirmé de COVID-19 dans le système d’immigration, mais on ne connaît pas vraiment la fréquence à laquelle des tests sont effectués. Il y a souvent du mouvement entre les centres de détention à la frontière, où certains migrants entrent malades aux États-Unis. Ce qui place les employés du système d’immigration à risque.

Un syndicat représentant des juges de l’immigration a demandé l’arrêt temporaire des audiences inscrites au «calendrier principal». La juge Ashley Tabaddor, présidente du syndicat, a demandé jeudi par écrit que le bureau prenne davantage de mesures pour protéger les juges et les employés.

À El Paso, au Texas, certains gardiens travaillent par roulement au centre de détention de longue durée et dans les tribunaux publics où les gens ne sont pas détenus. Vendredi, des gardes ont été vus en interaction avec deux douzaines d’immigrants pour une audience de masse dans le tribunal réservé aux non-détenus.

La salle d’audience se trouve au 7e étage d’un immeuble qui abrite également des bureaux du secteur public, dont l’agence du revenu et d’autres agences fédérales.

Les migrants doivent vivre au Mexique pendant leur demande d’asile. Ils dorment dans un réseau de refuges à Ciudad Juárez avec des migrants d’autres pays et d’autres continents.

Parallèlement, les forces de l’ordre en matière d’immigration et d’importation (ICE) a déclaré qu’elles suspendaient temporairement les visites de courtoisie dans tous ses centres de détention à travers les États-Unis afin de protéger les personnes détenues.

L’ICE détient 37 888 immigrants dans plus de 130 établissements. L’agence détient cependant un grand pouvoir discrétionnaire sur les personnes qu’elle choisit de libérer ou non dans l’attente de la révision de leur dossier.

L’agence responsable des pénitenciers fédéraux a également mis fin aux visites. Les détenus des 122 établissements correctionnels fédéraux ne pourront pas voir leur famille, leurs amis ou leur avocat pendant les 30 prochains jours.