Les États-Unis ont besoin d’alliés plus que jamais, dit un représentant

WASHINGTON — La pandémie de COVID-19 et le mouvement de protestation aux États-Unis doivent inciter le président américain Donald Trump à fortifier les liens avec les alliés et non à tenter d’abattre l’ordre international fondé sur des règles, soutient un membre important de la commission de la Chambre des représentants qui surveille le commerce mondial.

Ron Kind, un démocrate du Wisconsin qui siège à la commission des voies et des moyens, souligne que le moment est mal venu pour isoler les États-Unis, ériger des barrières protectionnistes et abandonner leurs partenaires internationaux.

«D’un point de vue psychologique, il est extrêmement facile, pendant une période de crise nationale et de grande inquiétude, de diaboliser des étrangers, les institutions multilatérales et d’autres pays. Ce n’est que la position de repli politique typique», a dit ce défenseur du nouvel accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique (ACÉUM).

«Cela crée un monde plus dangereux tout en compliquant la tâche de ceux qui veulent résoudre les problèmes complexes et difficiles», a-t-il ajouté devant des experts réunis par l’Association du commerce international de Washington.

Les protestations généralisées dans les villes des États-Unis après le meurtre de George Floyd par des policiers n’ont peut-être pas à première vue quelque chose en commun avec la question généralement terne du commerce international.

Mais les problèmes culturels profondément ancrés comme la disparité raciale, le chômage et l’inégalité des revenus sont directement liés au sentiment d’injustice qui s’exprime et est visible dans les centres urbains américains, a souligné M. Kind. Une grande partie de ce déséquilibre économique peut être attribuée à la façon dont les orientations commerciales du pays ont évolué au cours des 25 années d’existence de l’ancien Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA).

La pandémie a imposé un lourd tribut aux diverses collectivités défavorisées.

«Comment pouvons-nous aider les travailleurs d’aujourd’hui à acquérir les compétences dont ils ont besoin pour demain afin de participer pleinement à l’économie mondiale de haute technologie dans laquelle nous nous trouvons et dans laquelle nous devons être concurrentiels?», a demandé M. Kind.

Selon lui, le mouvement de protestation lancé par le meurtre de George Floyd par des policiers de Minneapolis est lié avec l’inégalité des revenus et le manque d’occasions économiques. «Ils se demandent tous quel est le rôle qu’ils peuvent jouer dans l’économie mondiale intégrée du XXIe siècle. Vont-ils simplement être laissés pour compte?»